Dick Cheney - Le machiavélique affairiste | |
LE MACHIAVELIQUE AFFAIRISTE Dick Cheney, colistier critiqué et indispensable du "ticket" républicain Le vice-président a inspiré la politique en Irak. Son rôle est considéré comme inséparable de la politique menée par M. Bush. George Bush aurait pu décider de faire de Richard Cheney, principal orateur, mercredi 1er septembre, de la convention républicaine, le bouc émissaire de l'enlisement américain en Irak. La santé du vice-président, qui souffre de déficience cardiaque, offrait un prétexte crédible pour le remplacer sur le "ticket" républicain. M. Bush aurait montré, ainsi, qu'il tenait compte des critiques que lui vaut la guerre en Irak, et le choix d'un nouveau partenaire aurait pu annoncer un changement de style, sinon de priorités, pour un éventuel second mandat. Les encouragements à se séparer de M. Cheney n'ont pas manqué. En juin, encore, le New York Times a fait état, en première page, d'un scénario florentin, selon lequel le nouveau cardiologue du vice-président allait déclarer impératif qu'il réduise ses activités. Cette rumeur ne s'est pas plus vérifiée que les précédentes, et c'est avec le principal partisan de l'invasion de l'Irak que M. Bush revient devant les électeurs. La vérité est qu'il n'aurait pas pu faire autrement sans paraître se déjuger, tant le rôle de M. Cheney est inséparable de la politique qu'il a menée depuis trois ans. Candidat à la Maison Blanche, en 2000, M. Bush n'avait pas d'autre expérience des responsabilités publiques que celle de gouverneur du Texas depuis six ans. Quand il avait proposé à M. Cheney d'être son colistier, les commentaires avaient été très favorables. L'ancien ministre de la défense du premier président Bush prospérait, depuis cinq ans, dans le privé, comme PDG de la société d'ingénierie civile Halliburton, mais il était le républicain le plus compétent dans les affaires de l'Etat. Secrétaire général de la présidence au temps de Gerald Ford, député du Wyoming pendant douze ans, président du groupe républicain de la Chambre des représentants, avant de diriger le Pentagone, pendant quatre ans, de 1989 à 1973, "Dick" Cheney était, au Parti républicain, l'homme qui pouvait le mieux garantir aux électeurs que le gouvernement fédéral serait bien tenu. Quatre ans plus tard, le vice-président collectionne les critiques. Il n'a cessé de plaider pour une opération militaire contre Saddam Hussein, en s'opposant, même, à ce que Washington commence par saisir l'ONU. Il a affirmé que le dictateur de Bagdad possédait des armes chimiques et bactériologiques et qu'il avait remis en route son programme de fabrication d'une bombe atomique. Il a soutenu que l'existence de liens entre le régime irakien et Al-Qaida était démontrée. Il a assuré que les Américains seraient "accueillis en libérateurs" par la population. M. Cheney est accusé, aussi, d'être intervenu pour que son ancienne entreprise, Halliburton, obtienne de gros contrats de fournitures aux armées et de reconstruction. Cependant, les dispositions prises par l'ancien PDG, à partir du moment où il est devenu candidat à la vice-présidence, en 2000, pour éviter tout conflit d'intérêt, ont résisté aux vérifications les plus sévères. Le seul document à charge est un e-mail d'un haut fonctionnaire du Pentagone indiquant que l'attribution d'un contrat de 7 milliards de dollars à une filiale d'Halliburton, sans appel d'offres, en mars 2003, a été approuvée à tous les niveaux, y compris le cabinet de M. Cheney. Or, le vice-président a toujours affirmé qu'il n'avait pas eu à connaître de ces contrats. Le Pentagone a expliqué qu'il avait demandé le "feu vert" de M. Cheney pour s'assurer que ce dernier, susceptible d'être considéré comme responsable d'un traitement de faveur pour son ancienne entreprise, ne voyait pas d'inconvénient à ce que ce marché soit attribué sans mise en concurrence. CONSERVATEUR POLITIQUE Patrick Leahy, une personnalité démocrate du Sénat, qui avait mis en question les relations de M. Cheney avec Halliburton, a pu mesurer, il y a deux mois, la susceptibilité du vice-président sur ce sujet. Comme il lui demandait de ses nouvelles, à l'occasion d'une cérémonie, M. Cheney, qui préside, ès qualités, le Sénat, l'a invité à "aller se faire foutre". Et non seulement il ne s'est pas excusé, mais il a déclaré, sur Fox News, s'être "senti mieux" après avoir dit sa façon de penser au sénateur du Vermont. Dans l'alliance entre les conservateurs moraux et les conservateurs politiques, qui caractérise le Parti républicain d'aujourd'hui, M. Cheney représente les seconds. Une de ses filles est homosexuelle et il ne se cache pas de penser, à la différence de M. Bush, que les régimes matrimoniaux relèvent des Etats et que le gouvernement fédéral n'a pas à s'en mêler. Sources : Lien vers http://www.lobservateur.ma/politique_internationale.asp> |
Dick Cheney - Halliburton, profiteur de guerre | |
CHENEY ET COMPAGNIE Objectifs militaires, intérêts financiers Halliburton, profiteur de guerre Deuxième partie En absorbant, en 1962, une société aux multiples relations politiques, l'équipementier Halliburton est entré dans la cour des grands. Parrainée par le futur président Lyndon Johnson, la firme réalisa alors de gigantesques profits sur des marchés publics truqués. Une fois Johnson élu président des États-Unis, Halliburton devint le premier fournisseur de l'armée US au Vietnam. Le même processus se reproduisit dans les années 90, lorsque la firme fut dirigée par Dick Cheney. Et, celui-ci entré à la Maison-Blanche, Halliburton devint le principal fournisseur de la Coalition en Irak. La fusion de Brown & Root avec Halliburton prend forme peu de temps après la mort d'Herman Brown en 1962, quand son frère George en prend la tête et décide de mener les négociations. L'accord est finalisé fin 1962, Halliburton rachetant 95 es parts de Brown & Root pour la somme de 36 750 000 dollars et intégrant George Brown dans son conseil d'administration. Cette fusion pouvait difficilement se réaliser tant qu'Erle Halliburton et Herman Brown étaient vivants ; le premier détestait le milieu politique dans lequel les Brown évoluaient tandis que le second hésitait à passer les commandes de sa société. Un gouffre financier à vocation scientifique En 1961, peu avant la mort d'Herman Brown, Brown & Root s'était engagé dans un très ambitieux projet de forage d'un puits à une profondeur exceptionnelle, qui devait percer le mystère de la couche de la croûte terrestre située à près de dix kilomètres sous terre. À l'origine du projet baptisé « projet Mohole », la National Science Foundation s'inspire des travaux du savant yougoslave Andrija Mohorovicic, qui a découvert cette zone de la croûte terrestre encore inexplorée, appelée la « moho ». Les seuls endroits où l'épaisseur de la croûte terrestre permettent de creuser un tel puits étant situés sous des eaux profondes, il faut déployer un impressionnant dispositif flottant afin d'y parvenir. Brown & Root soumet son offre au dernier moment, à la grande surprise de la National Science Foundation car elle n'a qu'une maigre expérience en forage offshore et peu de personnel qualifié. Le devis de Brown & Root est d'ailleurs saturé en références marketing et ne s'étend guère sur sa réalisation technique. Pourtant son offre parvient à se classer en cinquième position lors de la première évaluation, loin derrière celle de Socony Mobil qui selon le comité « sort véritablement du lot ». L'avis du House Appropriations Committee, qui accorde les fonds à la National Science Foundation pour le projet, doit déterminer l'attribution finale. Par chance pour Brown & Root, le président du comité n'est autre que le représentant texan Albert Thomas, membre du « Groupe de la Suite 8F » qui a largement profité des largesses de Brown & Root, notamment après la construction de la base de Corpus Christi. Lorsque celui-ci apprend que Brown & Root est dans la course, il ne lui en faut pas plus ; l'offre de son bienfaiteur est retenue avec un commentaire de Thomas pour la qualifier : « une œuvre d'art ». Le même scénario se répète ensuite inlassablement : de surcoût en surcoût, le budget initial de 15 millions de dollars enfle à vue d'œil pour atteindre finalement 125 millions de dollars. L'un des plus virulents critiques du projet est un jeune représentant de l'Illinois qui dénonce le rôle des contributions politiques dans l'attribution du contrat et demande l'arrêt complet du projet en plus du gel des crédits. C'est Donald Rumsfeld. Certes, le président Johnson demande au Sénat la réactivation du projet en 1965, mais il est déjà trop tard. Ironie de l'histoire, aujourd'hui Donald Rumsfeld jongle avec les arguments pour défendre le choix du Pentagone portant sur Brown & Root pour les contrats irakiens, face au parlementaire démocrate Henry Waxman. Brown & Root laissera, avant de prendre un nouveau départ à l'étranger, une dernière trace de ses intrigues politiques sur le sol états-unien : le centre aérospatial de Houston (Texas). Albert Thomas et Lyndon Johnson, après avoir fait en sorte que le site de Houston soit retenu, placent une nouvelle fois Brown & Root en tête de la compétition pour réaliser ce qui deviendra le Johnson Manned Spacecraft Center. Sous-traitance du massacre vietnamien John Kennedy s'était engagé dans la guerre du Viet-Nam à reculons, sous la pression de ses conseillers militaires, de son vice-président Johnson et de la CIA. Suite à son assassinat, le « Groupe de la Suite 8F » [1], Brown & Root en tête, va profiter comme nuls autres de l'engagement croissant au Viet-Nam après que Johnson eût gonflé au maximum l'incident du Golfe du Tonkin. L'envoi de troupes terrestres au Viet-Nam occasionne une avalanche de contrats pour la construction de bases, de pistes d'aviation, de ports et de ponts. En 1965, un an après l'engagement décidé par Johnson, Brown & Root s'allie avec trois autres géants de la construction et de la gestion de projets (Raymond International, Morris-Knudsen et J. A. Jones) pour former l'un des conglomérats civils de construction militaire les plus importants au monde, qui raflera pour plus de deux milliards de contrats « cost-plus » au Viet-Nam. Entre 1965 et 1972, Brown & Root en tire 380 millions de dollars de bénéfices. Comme récemment en Irak, la priorité est donnée à la rapidité d'exécution plutôt qu'aux moindre coût ; les surcoûts se chiffrent donc en centaines de millions. À l'apogée de son activité sur place en 1967, Brown & Root est le plus gros employeur au Viet-Nam avec 51 000 hommes, souvent impliqués dans le marché noir et la spéculation monétaire. Le New York Times estime à l'époque que jusqu'à 40 es milliards qui y sont dépensés sont volés, utilisés pour corrompre ou littéralement flambés. Le General Accounting Office mène une enquête qui conclue en 1967 que le consortium RMK-BRJ a perdu 120 millions de dollars durant ses cinq premières années d'activité au Viet-Nam. Aux yeux des pacifistes états-uniens, Brown & Root devient le symbole ultime des profiteurs de guerre, et George Brown sa plus parfaite incarnation. Pourtant, d'après Dan Briody, l'auteur de The Halliburton Agenda, George Brown déconseillait vivement à Johnson d'intensifier l'engagement états-unien dans le conflit, mais ce dernier n'en avait cure. Le projet « Mohole », la base aérospatiale de Houston et la guerre du Viet-Nam ont fait de Brown & Root la plus grosse entreprise de construction états-unienne en dépit de sa nouvelle réputation. Lyndon Johnson meurt en 1973 et George Brown prend sa retraite en 1975. La fin des années 70 et les années 80 sont donc une période de déclin économique pour Brown & Root, qui a perdu son tracteur politique et voit en conséquence ses contrats gouvernementaux se tarir. Kennedy et la Suite 8F Avant même la mort de Johnson, Brown & Root trouve pourtant un nouveau poulain en la personne de John Connally, le directeur de campagne de Lyndon Johnson pendant des décennies, qu'elle intègre à son conseil d'administration. Il est aussi gouverneur du Texas pendant une bonne partie des années 60 avant de devenir proche conseiller de Richard Nixon. Mais ce n'est pas tout ; le nouvel homme de Brown & Root à Washington était assis à l'avant du véhicule de John F. Kennedy lorsque celui-ci fut abattu en novembre 1963, et travaillait au début des années 70 pour Vinson & Elkins, un puissant cabinet d'avocats fondé par James Elkins, un membre de la « Suite 8F ». Connally est nommé au poste de secrétaire au trésor par Nixon en 1971, et organise rapidement des rencontres entre le président et le « Groupe de la Suite 8F ». Chez Brown & Root, on se frotte déjà les mains à l'idée de voir Connally remplacer Spiro Agnew à la vice-présidence quand l'affaire du Watergate prend de l'ampleur. Mais l'ambiguïté politique de Connally, qui a rejoint le camp républicain sur le tard, lui attire les foudres du parti démocrate et en conséquence Nixon choisit finalement Gerald Ford. Un an plus tard, Nixon démissionne et se retire de la politique, emportant avec lui beaucoup de personnalités politiques proches de lui, dont Connally. 1976 et 1977 seront des années noires pour Brown & Root, qui perd cinq de ses hauts cadres dans des circonstances pour le moins étranges. Quatre d'entre eux meurent en 1976 lorsque leur avion s'écrase à deux kilomètres de la piste d'atterrissage, et le président de la compagnie se suicide au beau milieu d'un procès portant sur une affaire d'entente illicite sur les prix entre Brown & Root et un compétiteur, J. Ray McDermott. Travail au noir pour l'opération Iran-Contra Vraisemblablement, cette période de vache maigre incite Brown & Root à se tourner vers d'autres activités, cette fois dans l'ombre et au cœur de l'affaire Iran-Contra. En 1977, la société est chargée de réceptionner l'héroïne et la cocaïne dans ses installations pétrolières du Golfe du Mexique, de la faire entrer aux États-Unis via la Nouvelle Orléans sur ses navires qui acheminent ensuite vers l'Iran les armes achetées grâce aux bénéfices de la vente de drogues [2]. Brown & Root a ainsi joué un rôle fondamental dans les transactions criminelles qui ont permis à l'administration Reagan de gagner facilement les élections de 1980 et de financer nombre d'opérations spéciales que le Congrès refusait d'assumer. Échec en Iran et retour aux sources avec l'Irak Selon un traité signé en 1975 entre le Shah d'Iran et Saddam Hussein, le Shah avait cessé son soutien militaire officiel aux rebelles kurdes qui se battaient contre les troupes de Saddam Hussein dans le nord de l'Irak. En échange, le Shah bébéficiait d'un accès au passage maritime de Shat al-Arab et pouvait ainsi multiplier les bénéfices générés par ses exportations de pétrole. Pour ne pas perdre son précieux relais kurde, la CIA avait alors utilisé Brown & Root, qui menait des activités dans les deux pays et à proximité de Shat al-Arab, pour réarmer les kurdes. Toute l'opération avait été financée par l'héroïne [3]. Brown & Root profite de ses contacts à Téhéran et décroche, en 1977, 800 millions de dollars de contrats avec le gouvernement iranien pour la construction de deux bases navales dans le golfe d'Oman. Mais deux ans plus tard, le renversement du Shah par l'Ayatollah Khomeini l'oblige à quitter le pays en perdant 23 millions de dollars au passage. Son chiffre d'affaire s'éffondre et sa main d'œuvre suit le mouvement. De 80 000 employés en 1979, elle passe à 20 000 en 1984. Elle se tourne en vain un moment vers le nucléaire, qui ne lui rapporte que davantage d'ennuis. Les cours du pétrole ne soufflent pas non plus dans sa direction ; en 1986, alors qu'ils baissent rapidement, la compagnie perd 6 millions de dollars par mois. La société-mère Halliburton en souffre également et divise sa force de travail par deux. La seule chose qui peut alors sauver Halliburton est une guerre. Lorsque les troupes de Saddam Hussein envahissent le Koweït à l'automne 1990, une dizaine d'employés d'Halliburton qui n'avaient pas respecté les consignes d'évacuation sont pris au piège en Irak et faits prisonniers. Saddam Hussein les fait libérer au mois de décembre dans l'espoir de faire renoncer la coalition à son intervention, mais c'est peine perdue. À l'issue de « l'Opération Tempête du désert », 740 puits de pétrole koweïtiens auraient été incendiés par les troupes irakiennes, gâchant 7 millions de barils par jour. Les autorités koweitiennes, qui ont trouvé refuge de l'Arabie Saoudite jusqu'aux États-Unis, se démènent pour former une équipe qui éteindra les feux. Quatre groupes sortent du lot et se partagent ce marché : Red Adair, Boots & Coots, Wild Well Control (tous les trois de Houston) et les Canadiens de Safety Boss. Bechtel se charge du soutien logistique. Halliburton, qui met 60 hommes sur la mission, accuse par ailleurs des pertes s'élevant à 29 millions de dollars en raison de la guerre, mais en profite pour s'immiscer dans le volet nettoyage et reconstruction qui doit coûter quelques 200 milliards de dollars sur 10 ans. Brown & Root décroche pour sa part 3 petits millions de dollars de contrats pour l'évaluation des dégâts sur les bâtiments koweïtiens, qui seront multipliés par sept à la fin de leur réalisation, et revendique avoir éteint 320 puits. Ces chiffres sont aujourd'hui contestés par un des avocats de Saddam Hussein, le Français Emmanuel Ludot. Selon lui, il n'y aurait eu qu'une centaine de puits incendiés et ils l'auraient été collatéralement par les bombardements états-uniens. Les chiffres auraient été gonflés pour augmenter les dommages de guerre [4]. Modeste moisson en somme pour Halliburton, mais un président texan a lancé une guerre et lui a permis de reprendre place, pour la première fois depuis le Viet-Nam, parmi les contractants du gouvernement et de l'armée. Elle s'occupera ensuite de l'évacuation des troupes d'Arabie Saoudite ainsi que de l'acheminement des munitions depuis le Moyen-Orient vers d'autres régions du monde. L'explosion de la sous-traitance militaire qui fait suite à la première guerre du Golfe sera l'occasion pour Halliburton de se refaire une santé d'acier… Brown & Root inaugure la « privatisation » de l'armée La diminution annoncée des effectifs de l'armée U.S. à la fin de la Guerre froide et la promesse d'une « cagnotte de paix » au peuple états-unien, avec en parallèle la multiplication des petites interventions armées des États-Unis qui font souvent cavalier seul, encouragent la sous-traitance ou « privatisation de l'armée ». Ce concept contraste pourtant avec les idéaux mêmes les plus libertariens du pays, qui entendent généralement se débarrasser de l'État à l'exception de l'armée et de la police. Pourtant, depuis la première guerre du Golfe, le nombre de « contractants privés » employés sur ou autour du champ de bataille a été multiplié par dix. Séduit par les performances d'Halliburton lors de la première guerre du Golfe et par la perspective de pouvoir déployer rapidement sa logistique de guerre lors de micro-conflits autour du monde, le Pentagone émet peu après cela un appel d'offre pour l'élaboration d'un rapport classifié à 3,9 millions de dollars, censé démontrer comment une firme privée peut apporter un appui logistique à l'armée lors de futurs conflits. Le rapport doit se pencher sur 13 « points chauds » de par le monde et détailler comment divers services allant de la construction de bases à l'alimentation des troupes y seraient organisés, avec 20 000 hommes déployés pendant 180 jours. Bien entendu, des 37 sociétés sollicitées par cet appel d'offre, c'est Halliburton qui décroche le gros lot, avec en prime, un peu plus tard, l'extension du rapport pour justifier de la faisabilité de l'attribution d'un contrat de soutien logistique à une seule et unique compagnie. Le rapport ainsi produit convainc le secrétaire à la défense Dick Cheney qu'une seule et même compagnie peut assumer ce rôle. Devenu le standard pour ce type de contrat (connu sous le nom de LOGCAP, pour Logistics Civil Augmentation Program), celui qui fut élaboré à partir du rapport de Brown & Root sera également attribué d'emblée à Brown & Root pour une durée de cinq ans. Ce contrat standard a été utilisé depuis 1992 pour tous les conflits dans lesquels s'est engagée l'armée états-unienne, qui a déjà versé pour cela plusieurs milliards de dollars. Si les bénéfices qu'en tire Halliburton lors des premiers conflits sont somme toute modestes (Somalie : 109,7 millions $ ; Rwanda : 6,3 millions ; Haïti : 150 millions), l'armée est rapidement devenue dépendante des services de la firme, et beaucoup de soldats témoignent du fait que la société texane leur rend la vie plus facile dans les bases. Forte de ce monopole qui va croissant, Halliburton publie des résultats globalement satisfaisants jusqu'en 1995 et l'arrivée de Dick Cheney à sa direction. Le nouvel homme d'Halliburton à Washington Après avoir quitté son bureau du Pentagone en 1993 pour laisser la place à l'administration Clinton, Dick Cheney rejoint l'American Enterprise Institute qui planche d'ores et déjà sur le « changement de régime » en Irak. Il envisage un moment de s'engager dans la course à la présidentielle de 1996, mais finit par jeter l'éponge, constatant que son charisme n'est pas à la hauteur du défi et craignant que le lesbianisme affiché de sa fille ne le discrédite auprès de l'électorat puritain. C'est lors d'une partie de pêche dans le New Brunswick que les amis chefs d'entreprise de Cheney, qui gambergent sur un nouveau PDG pour Halliburton, décident qu'il est l'homme de la situation malgré son inexpérience totale dans le secteur pétrolier. Ses contacts permettront effectivement à Brown & Root de facturer plus de 2 milliards de dollars au gouvernement états-unien entre 1995 et 2000. Un exemple des travaux réalisés par Brown & Root durant cette période est le camp Bondsteel en Croatie, la plus grande et coûteuse base U.S. depuis le Viet-Nam, où Brown & Root a construit des routes, une centrale électrique, un système d'approvisionnement en eau et d'égoûts, des logements, un héliport, une clôture de protection gardée ainsi qu'un centre de détention. Cette base se trouve incidemment sur le tracé du pipe-line transbalkanique AMBO (Albanian-Macedonian-Bulgarian Oil), dont Brown & Root a aussi élaboré la plan de faisabilité. Une pluie de contrats LOGCAP a irrigué les comptes d'Halliburton dès l'arrivée de Cheney à sa tête, bondissant d'une valeur totale de 144 millions de dollars en 1994 à plus de 423 millions en 1996. En 1999, l'armée dépensait près d'un milliard de dollars par an pour les travaux d'Halliburton rien que dans les Balkans. En septembre 1998, Halliburton finalise un accord pour racheter la compagnie Dresser Industries et devient ainsi la plus grande société d'équipements pétroliers au monde. Par la même occasion elle prend le contrôle de deux filiales de Dresser qui commercent avec l'Irak dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture », Dresser-Rand et Ingersoll Dresser Pump Co.. Ces deux filiales signent pour 73 millions de dollars de contrats pour la production de pétrole durant la présidence de Cheney à Halliburton, ce qui n'empêche pas Cheney d'affirmer pendant la campagne Bush-Cheney 2000 qu'il a une « politique intangible » lorsqu'il s'agit de faire des affaires avec l'Irak, tout en admettant des liens commerciaux avec l'Iran et la Lybie. Il reconnaîtra peu de temps après les liens de Dresser avec le programme, mais prétendra ne pas avoir été au courant. Aujourd'hui, Halliburton se taille une fois de plus une bonne part du gâteau irakien et pour cela elle peut évidemment remercier Dick Cheney. Même le sabotage des oléoducs lui est profitable ; elle importe en effet du pétrole dans ce pays qui possède pourtant les deuxièmes réserves au monde, pour un coût de 6 millions de dollars par jour. Fin 2003, on estimait que la restauration de l'industrie pétrolière irakienne et la logistique de l'armée états-unienne, opérées par Halliburton, coûteraient un total d'environ 2 milliards de dollars au gouvernement états-unien. Il s'agit bien entendu d'un montant qui enfle avec le temps, comme à l'accoutumée. Via sa filiale de soutien logistique militaire et de mercenariat Kellog Brown & Root, Halliburton se nourrit ainsi directement de la destruction occasionnée par les guerres impériales, puis reconstruit l'infrastructure pétrolière à l'endroit du monde où le pétrole génère le plus de profits. Cette société incarne le processus que Rosa Luxembourg décrivait il y a un siècle : « L'impérialisme est l'expression politique du processus de l'accumulation capitaliste se manifestant par la concurrence entre les capitalismes nationaux autour des derniers territoires non capitalistes encore libres du monde. » [5]. Arthur LEPIC Cet article est le second d'une enquête en deux volets. Le premier, Halliburton ou le pillage de l'État exposait l'ascencion fulgurante de la petite société créée au début du siècle dernier, en plein essor de l'industrie pétrolière. [1]De nombreux auteurs ont documenté que les membres du « Groupe de la Suite 8F » du Lamar Hotel ont comploté pour faire assassiner John F. Kennedy. La version officielle veut qu'ils n'aient pas eu le temps de mener leur plan à exécution et qu'ils aient été doublés par un marginal, Lee Oswald. [2] « The Bush-Cheney drug empire », par Michael C. Ruppert, From The Wilderness, 24 octobre 2000. M. Ruppert a livré le même témoignage de premier plan à la Commission du renseignement du Sénat lors des auditions sur l'affaire Iran-Contra, ainsi que devant la Commission Kerry pour la même affaire. L'absence de suites lui a fait conclure que John Kerry lui-même était chargé en tant que président de cette commission d'étouffer l'affaire. Son succès dans cette mission, attesté par la présence aujourd'hui de la plupart des acteurs d'Iran-Contra au sein de l'administration Bush fils, lui aurait donc valu la confiance définitive de l'élite politico-économique. [3] Paul Jabber témoignera formellement de cela devant Michael Ruppert en 1983, alors qu'il occupe le poste de professeur de science politique à l'Université de Los Angeles. En 1983, il quitte cette université pour devenir vice-président de la Banker's Trust et président du département Moyen-Orient au Council on Foreign Relations. [4] Saddam Hussein, présumé coupable par Me Emmanuel Ludot, Carnot éd., 2004. [5] « L'accumulation du capital », Rosa Luxembourg, 1913. Sources : Lien vers http://www.reseauvoltaire.net/article14989.html> |
Dick Cheney - Halliburton prête à se débarrasser de sa filiale « galeuse » | |
LA FILIALE KBR DANS LA LIGNE DE MIRE Halliburton prête à se débarrasser de sa filiale « galeuse » Irak, mais aussi Nigeria et Iran : l’une des filiales d’Halliburton, KBR, est devenue un véritable boulet pour l’ex entreprise de Dick Cheney. Elle cherche aujourd’hui à la mettre en vente. Halliburton a annoncé jeudi soir qu’elle envisageait de mettre en vente sa filiale Kellogg Brown and Root, encore appelée « KBR ». C’est que celle-ci, qui a notamment la charge de nourrir, blanchir, loger mais aussi fournir du carburant aux troupes américaines en Irak, est devenue un véritable poids mort pour le groupe. Elle est tout d’abord au centre de toutes les polémiques en Irak. KBR avait en effet remporté un appel d’offres de 12 milliards de dollars alors que se préparait la guerre, mais a toujours été soupçonnée d’avoir bénéficié d’appuis politiques. Dick Cheney, l’actuel vice-président des Etats-Unis, était en effet PDG de la maison-mère entre 1995 et 2000. Et durant l’exécution de son contrat, KBR a été suspectée de surfacturer certains de ses services, pour un montant pouvant aller jusqu’à 1,8 milliard. Une enquête du Pentagone est en cours à ce sujet. L’US Army semble par ailleurs avoir pris les devants et paraît décidée à se passer de KBR. Elle devrait en effet dénoncer le contrat noué avec la filiale d’Hallliburton dans les prochains mois. Et lancer plusieurs appels d’offres d’ici la fin de l’année, pour diversifier ses fournisseurs. Si rien n’empêche KBR d’y participer, cela se traduira de toutes façons pour elle par un manque à gagner. Mais KBR n’est pas seulement dans la nasse à cause de ses problèmes en Irak. Au Nigeria, une co-entreprise dont elle est actionnaire à 25urait versé des pots de vins à des dirigeants pour faciliter la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel dans les années 1990. Halliburton a reconnu qu’une telle pratique avait été « envisagée », mais n’a pas « trouvé de preuve que des paiements ont été effectués pour obtenir ou conserver des contrats ». Une enquête de la justice américaine est en cours. Cette dernière examine aussi de près la situation en Iran, où KBR, contournant l’interdiction faite aux entreprises américaines de faire du business dans le pays, opérerait toujours, selon le New York Times. En bref, KBR, qui a affiché une perte opérationnelle de 277 millions de dollars au deuxième trimestre de cette année, est devenue un véritable boulet, dont la valeur est proche de zéro, pour reprendre les termes d’un analyste cité par le quotidien américain. Halliburton, de nouveau soupçonné de fraudes comptables après avoir réglé à l’amiable un premier litige de ce genre avec la SEC, n’a pas besoin de cela en ce moment. Sources : Lien vers http://www.lexpansion.com/art/2568.78456.0.html> |
Dick Cheney - Halliburton ou le pillage de l'État | |
http://veritance.populus.org/rub/71 MAGOUILLES ET COMPAGNIE Halliburton ou le pillage de l'État 1ère partie Halliburton, numéro 1 mondial des équipementiers pétroliers, est devenue sous l'administration Bush fils l'un des symboles des guerres de prédation. La multinationale, anciennement dirigée par Dick Cheney, a bénéficié de contrats mirifiques à l'occasion de la guerre contre l'Irak et de la reconstruction. Mais ce scandale n'est pas nouveau : depuis près d'un siècle, cette société se développe en mêlant business et politique sur le dos de citoyens états-uniens bien crédules. C'est le premier volet de notre enquête sur une multinationale trop méconnue. Dick Cheney est nommé, en 1995, à la tête de la société Halliburton pour sa connaissance exceptionnelle des rouages du Capitole et du Pentagone, et bien qu'il n'ait aucune expérience dans le privé. Le pari du Conseil d'administration qui l'embauche sera couronné de succès : cinq ans avant son arrivée, les prêts accordés à la société et appuyés par l'État s'élevaient à 100 millions de dollars, pour atteindre 1,2 milliards à son départ. Les contrats passés avec le gouvernement doublent pratiquement dans la même période, passant de 1,2 milliards à plus de 2,3 milliards. Le fait que Cheney ait joué de ses relations pour obtenir ces contrats est pratiquement impossible à prouver, par ailleurs Halliburton peut arguer qu'elle est réellement la société la plus apte à les honorer [1]. Quoi qu'il en soit, Dick Cheney a amplifié un système qui existait avant lui. Pour le comprendre, il convient de revenir sur l'histoire méconnue de la multinationale Halliburton, issue de la fusion entre une société de services pétroliers à très haute technologie et une sorte de cabinet politico-financier comme en produit le mode de vie états-unien. Les origines du savoir-faire d'Halliburton À l'origine d'Halliburton, il y a un jeune homme ambitieux et passionné de mécanique, né en 1892 à Henning, une petite ville près de Memphis dans le Tennessee. Erle Palmer Halliburton est l'aîné des cinq enfants d'une famille dont le père décède prématurément en 1904, la laissant pratiquement sans ressources. Deux ans plus tard le jeune Erle, alors âgé de 14 ans, décide de tenter sa chance pour libérer les siens des affres de la pauvreté et part à l'aventure en promettant de ne revenir à Henning qu'avec un million de dollars dans les poches. Il enchaîne les petits boulots toujours en rapport avec sa passion, la mécanique, et finit par s'installer en Californie après un bref passage dans l'U.S. Navy où il s'occupe de mécanique hydraulique. Il se marie et accepte temporairement la responsabilité d'un projet d'irrigation qui lui procure un salaire honorable pour l'époque de 100 dollars par mois. Autour de lui s'agitent déjà les aventuriers embarqués dans la frénésie du pétrole, démarrée en 1860 en Pennsylvanie, gagnant la Californie en quelques décennies pour finalement exploser au Texas en 1901 lorsque le brut jaillit au-dessus de la colline de Spindletop. La technologie mise au service de l'extraction évolue alors rapidement, mais beaucoup reste à inventer pour l'optimiser. Les pionniers de l'or noir avancent à l'aveuglette, procèdent de manière souvent maladroite et empirique. Erle Halliburton se fait embaucher par l'entreprise de bétonnage de puits d'Almond A. Perkins. Cette technologie alors quasiment inconnue permet d'éviter que des infiltrations de gaz ou d'eau se produisent dans le puits, rendant son pétrole inutilisable, et permet en outre de consolider ses parois qui habituellement se désagrègent, obligeant l'opérateur à évacuer sans arrêt ces matériaux indésirables à l'extérieur du puits. Rapidement passé de chauffeur de camion à cimenteur de puits, Erle est néanmoins remercié au bout d'un an. Décidant immédiatement de mettre à profit ses nouvelles et précieuses connaissances en créant sa propre entreprise, Erle dira plus tard que son embauche et son licenciement par la Perkins Oil Well Cementing Company étaient les deux meilleures choses qui lui soient arrivées. Installée au Texas, son entreprise connaît des débuts difficiles, noyée parmi la foule d'aventuriers, entrepreneurs et charlatans en tous genres qui gravitent autour des boomtowns pétrolières. La New Method Oil Well Cementing Company du jeune Halliburton n'encaisse pratiquement aucun profit, mais la détermination inébranlable de son patron finira par payer quand une compagnie d'extraction lui confie la tâche de maîtriser un puits indomptable qui lui fait perdre des revenus importants. Une fois la tâche accomplie, la réputation de la nouvelle méthode de Perkins, à laquelle Halliburton a apporté quelques améliorations, enfle et circule rapidement dans tout le milieu. Les contrats affluent et l'entreprise décolle enfin. Devant ce rapide succès, le détenteur du brevet de la méthode de cimentage et ancien patron de Halliburton assigne ce dernier en justice pour récupérer ses droits. La dispute se soldera par un accord selon lequel Halliburton cède en échange à Perkins les droits sur son propre brevet de fabrication de ciment, mais il n'est pas encore au bout de ses ennuis avec les brevets : quelques années plus tard il mènera sans succès une autre bataille qui l'opposera à l'une des plus puissantes firmes d'alors, la Standard Oil de John D. Rockefeller [2]. En 1924, il concocte un plan de capitalisation boursière en faisant entrer ses principaux clients dans le capital de son entreprise, qui devient la Halliburton Oil Well Cementing Company, ou Howco. De cette manière, il s'assure un salaire plus confortable tout en réservant la majorité des parts à sa famille, et cherche à diversifier son activité en acquérant une flotte d'avions de transport de passagers. L'arrivée de la grande dépression lui fait regretter ce pari ; Halliburton tente alors de reconvertir cette flotte en décrochant un marché public de distribution de courrier. Son offre est rejetée. Il tente donc de rattraper le coup par un voyage à Washington durant lequel il proteste auprès des élus, mais son inexpérience des subtilités de la politique le maintient décidément hors de la boucle. En conséquence Erle Halliburton nourrira pendant longtemps une défiance amère à l'égard de « ces gens à Washington », préférant s'en remettre davantage à son expertise et à son flair acquis sur le terrain. À la fin des années 20, Howco doit son succès à ses camions, qui sillonnent sans relâche les routes du Texas et de l'Oklahoma d'un puits à l'autre, et à la persévérance d'un directeur qui va dénicher les contrats, aussi modestes soient-ils. Les relations politiques de Brown & Root À l'inverse, une autre petite compagnie basée au Texas fit simultanément son chemin dans les méandres des courants politiques, chevauchant cycles économiques et guerres comme nulle autre. Quand la famille Brown arrive au Texas en 1879, cet État ne compte pas un million d'habitants (la population explosa ensuite pour atteindre trois millions en 1900) qui vivent dans de petites villes autarciques, reliées par des chemins défoncés - souvent d'anciennes pistes indiennes - qui freinent considérablement tout développement. Herman et George Brown naissent en 1892 et 1898 dans l'ambiance de western de la ville de Belton, où leur père Riney tient un petit commerce. Herman se distingue par son ardeur au travail et se détourne rapidement de ses études pour prendre un petit boulot dans les travaux publics, quand son jeune frère, plus charmeur et extraverti, vend des lapins et des journaux avant de rejoindre le Rice Institute de Houston, qui deviendra la Rice University. Il rs'engage dans l'armée durant la Première Guerre mondiale, sans toutefois participer aux combats, puis s'inscrit à l'école des Mines du Colorado, dont il sort avec un diplôme affublé du commentaire « gagne son pouvoir grâce à sa capacité à se faire des amis ». La carrière de George Brown ne démentira pas cette note particulièrement clairvoyante. Entre temps, son frère Herman s'est lancé avec sa femme Margaret Root dans la construction de routes. Avec l'essor de l'automobile, il a compris l'importance de l'amélioration des voies de communication pour le développement du Texas, et sa petite affaire marche correctement, même si il ambitionne, comme Erle Halliburton, une carrière plus mirifique. Il embauche George après une expérience dans les mines qui manquera de coûter la vie à ce dernier, et s'appuie sur les capitaux apportés par son beau-frère Dan Root pour agrandir son entreprise qui fonctionne alors avec quelques mules ainsi qu'une poignée de forçats repris de justice. Mais rapidement Herman Brown comprend aussi qu'en plus de la force de travail, l'élément clé de sa réussite réside en sa capacité à garantir l'afflux de contrats par un réseau relationnel solide. Là où Howco avait échoué en soumettant une offre perdue dans la masse, l'entreprise des frères Brown devait faire ses gammes dans le contexte particulièrement difficile des travaux publics du Texas, où se développaient à l'époque les pratiques de corruption qui continuent aujourd'hui de caractériser l' « univers impitoyable » du business texan. Au milieu des premiers scandales autour de l'attribution de contrats par le Département des autoroutes du Texas nouvellement créé, George et Herman Brown firent preuve d'une étonnante capacité d'adaptation. Se contentant au départ de petits contrats et de sous-traitances laissées derrière le sillage des favoris de l'élite politique, ils cultivèrent peu à peu leur influence auprès des décideurs selon l'adage « La politique c'est les affaires, les affaires sont de la politique ». Un premier contrat relativement important est décroché par Herman simplement en se rendant dans le bureau du directeur de la commission d'attribution des contrats publics, sans aucun appel d'offre, installant d'ores et déjà Brown & Root (aujourd'hui Kellogg, Brown & Root, ou KBR) dans son véritable cœur de métier. Assise sur de confortables profits générés par la construction de routes, mais aussi sur une quantité impressionnante de billets à ordre (promesses de paiement s'étalant sur des périodes allant jusqu'à cinq ans), Brown & Root aurait pu disparaître avec les milliers d'entreprises qui, en 1929, se retrouvèrent avec des montagnes de papier sans valeur. Seulement les conseillers financiers des frères Brown avaient insisté avec virulence pour qu'ils les échangent contre des liquidités avant le grand crash. Cela fournit à Brown & Root une base de subsistance durant les premières années de vache maigre qui ralentirent considérablement le développement des routes. En 1932, Brown & Root doit pourtant se résoudre à prendre en charge le collectage des ordures de la ville de Houston, qu'elle optimise en enjoignant ses employés de trier les déchets organiques dont ils nourrissent des porcs qui sont ensuite vendus. Ce sera le premier d'une longue série de scandales autour de l'attribution à Brown & Root et sa gestion des marchés publics. En effet, une offre d'un montant moins élevé avait été soumise, mais le contrat est tout de même attribué à Brown & Root, suscitant l'ire de la presse locale. Ainsi l'entreprise s'accroche et n'hésite pas à accepter de se diversifier à outrance pour survivre, mais bientôt les coffres sont vides : il faut jouer un gros coup ou mettre la clé sous la porte. Pour cela les frères Brown doivent se frayer une entrée à un niveau de pouvoir supérieur. Ils trouveront en la personne d'Alvin Wirtz, l'un de leurs proches conseillers, l'intermédiaire idéal. Alvin Wirtz est alors un personnage politique hors du commun, homme de l'ombre très influent au Texas car éloigné du feu des projecteurs, contrairement aux hommes politiques élus qui doivent sans cesse répondre de leurs actes devant l'opinion publique. Au sein de son cabinet d'avocats Powell, Wirtz, Rauhut & Gideon, il tire alors davantage les ficelles des décisions politiques qu'à son poste de sénateur qu'il avait occupé jusqu'en 1930, moment où il choisit de poursuivre sa carrière dans les coulisses du pouvoir. Le flair politique de Wirtz oriente rapidement l'attention de Brown & Root vers la seule source d'enrichissement à leur portée, moyennant quelques subtilités relationnelles, à savoir les projets de chantiers publics démesurés du New Deal de Roosevelt. Ceux-ci furent à l'origine de la puissance actuelle de nombreuses entreprises privées, comme Bechtel à qui fut attribuée la construction du barrage hydraulique Hoover Dam. Wirtz était déjà engagé, au nom d'un autre client, dans des procédures visant à obtenir pour lui l'attribution du chantier de construction d'un barrage sur la rivière Colorado. Le financement du projet par les fonds publics n'était possible que s'il s'agissait d'un barrage destiné à prévenir les inondations qui coûtaient chaque année des millions aux collectivités, et non pas un barrage destiné à produire de l'électricité. Wirtz se débrouilla pour convaincre les autorités de l'urgence de la création d'un organisme de gestion des travaux sur la rivière, le Lower Colorado River Authority (LCRA), dont il serait bien entendu le président, et rassura le parlement du Texas sur la nature du barrage qui devait être construit. Une fois cela accompli, Wirtz se rendit à Washington pour sécuriser des fonds du New Deal, mais se heurta aux doutes de l'administration sur l'utilité du barrage. Pour contourner cet obstacle, Wirtz fit tout simplement retracer la carte des districts du Texas afin que le lieu choisi pour la construction du barrage soit situé dans la juridiction du représentant James P. Buchanan, qui accessoirement se trouvait être le président du comité d'attribution des fonds du New Deal. Ensuite, Wirtz baptisa le barrage du nom de ce dernier, qui du coup insista auprès de Roosevelt pour avoir « son barrage » comme cadeau d'anniversaire ! Les travaux à demi terminés, le client de Wirtz fit faillite et laissa un barrage inachevé, bien entendu destiné à produire de l'électricité et donc inefficace contre les inondations. À ce moment Wirtz, qui n'avait pas froid aux yeux, décida tout simplement de faire construire un nouveau barrage en aval du premier, cette fois-ci par son autre client, la société Brown & Root. Peu importe que celle-ci n'ait aucune expérience en la matière, les frères Brown étaient résolus à s'y atteler coûte que coûte, car la survie de leur entreprise en dépendait. Pour décrocher le marché, ils s'associent avec une autre entreprise plus expérimentée et soumettent un devis irréaliste pour la réalisation du projet : cette méthode consistant à faire grimper les coûts une fois le contrat obtenu est toujours très répandue et désormais peu de gens s'étonnent quand George W. Bush demande quelques milliards de rallonge pour Brown & Root en Irak… Ainsi, en décembre 1936 le président de la LCRA Alvin Wirtz attribue la construction du Marshall Ford Dam à Brown & Root, qui est également son client. Suivront d'autres difficultés, à chaque fois contournées grâce aux entrées de Wirtz à Washington, et particulièrement à l'influence du représentant Buchanan. Lorsque celui-ci meurt en 1937, Brown & Root perd son principal atout à Washington à un moment crucial pour sa santé financière. Heureusement, c'est un autre ami de Wirtz, le jeune Lyndon Baines Johnson, qui s'engage dans la course pour récupérer le siège de Buchanan. Il s'adresse aussitôt à Wirtz pour qu'il use de son considérable pouvoir afin de l'aider à y parvenir. En échange, Wirtz lui demande de faire passer la loi qui lèvera les derniers obstacles empêchant Brown & Root de se hisser parmi les plus grands contractants de l'État. Protégé de Roosevelt qui met toute sa plate-forme de campagne à sa disposition, Johnson, s'il est élu, en a largement les moyens. Le plus surprenant, lors de cette campagne qui fut l'une des plus coûteuses que le Texas ait jamais connu, est que Herman Brown lui-même ne soutenait pas le candidat qui lui permettrait de prospérer. Il méprisait d'ailleurs le New Deal, dont il avait pourtant déjà tiré plusieurs millions de dollars. Johnson remporta facilement l'élection grâce aux fonds levés par Wirtz, ainsi qu'au soutien de Roosevelt, et devint littéralement la branche politique de Brown & Root pour les décennies suivantes. Lors d'une conversation avec George Brown, il décrira leur association comme « Une joint-venture … Wirtz va s'occuper de la partie légale, je vais m'occuper de la politique, vous allez prendre en charge son aspect business. Nous allons ensemble trouver des solutions qui amélioreront notre position à tous les trois. » [3]. Le glissement vers les industries de défense La Seconde Guerre mondiale fut la première occasion pour Halliburton et Brown & Root de réorienter leurs activités vers le domaine militaire, dans un effort s'accordant de nouveau parfaitement avec l'orientation des dépenses de l'État. Howco, non contente d'engranger d'importants profits grâce à la demande en pétrole stimulée par l'effort de guerre, se diversifia également dans la production de pièces détachées pour l'armée de l'air et la construction de pistes d'aviation. Brown & Root se convertit pour sa part en un clin d'œil en contractant pour la défense, après avoir construit son assise financière sur le capitalisme du New Deal. Parallèlement la compagnie exerça une forte pression anti-syndicale sur ses employés, et en conséquence Johnson prit un virage à droite aux yeux du public. Il avait assuré plusieurs autres contrats importants à Brown & Root, dont deux autres barrages sur le Colorado, liant définitivement son destin à celui de l'entreprise au point que le businessman Herman Brown paraisse parfois avoir l'ascendant sur le politique Lyndon Johnson. On retrouve aujourd'hui l'illustration de cette relation inversée en entendant des militaires états-uniens évoquer KBR comme un « client » de l'armée [4]… L'un des meilleurs coups de l'association Johnson / Brown & Root restera la construction de la base militaire de Corpus Christi au Texas. Pour sa nomination en tant que candidat démocrate en 1940, Roosevelt s'appuie sur l'influence de Wirtz et Johnson au Texas, un État dont le vote est crucial. En retour, il ordonne que toute décision de construction militaire réalisée au Texas passe par Lyndon Johnson. Soudainement, Brown & Root est évoqué comme possible contractant pour l'armée, puis obtient peu de temps après le contrat pour la réalisation de la base en des termes plus qu'avantageux : le type de contrat, appelé cost-plus, inclut le remboursement des coûts de construction ainsi qu'un pourcentage de celui-ci versé comme rémunération au contractant, qui a alors tout intérêt à gonfler les coûts pour augmenter ses profits. Le montant fixé à l'origine s'élève à 23 381 000 dollars. Au finale, Brown & Root réalisera le projet pour la somme de 125 000 000 de dollars. Brown & Root s'engagea ensuite dans la construction de navires de guerre. Inutile de préciser que ce qui assura à la société ses premiers marchés n'était pas son savoir-faire, alors inexistant dans ce domaine, mais le fait qu'elle ait permis par ses moyens financiers de faire élire plus de représentants au Congrès que le Democratic National Committee. Les commandes de navires tombaient par dizaines et en 1943, la construction navale était le premier secteur économique de Houston, où Brown & Root employait 15 000 personnes. L'avantage principal de la politique syndicale rigide de style open-shop (main d'œuvre fluctuante et précaire) de Brown & Root était sa souplesse d'adaptation et ses faibles coûts de fonctionnement par rapport à ses compétiteurs, ce qui lui permettait de soumettre des offres plus basses et de remporter les contrats. Par ailleurs, lors des mouvements de grève, elle n'hésitait pas à facturer la moindre interruption de production aux centrales syndicales telles que l'AFL-CIO et à licencier à tour de bras les meneurs de ces mouvements, invoquant pour cela leur manque de patriotisme. Herman Brown estimait que l'effort de guerre justifiait cette politique. À la fin de la guerre, l'État qui possédait 25 e l'industrie du pays devait notamment se défaire de deux oléoducs Ouest/Est géants, à l'origine destinés à contrer l'attaque des pétroliers par les sous-marins allemands. Encore une fois, des compétiteurs plus expérimentés furent écartés du projet et, grâce à l'influence de Johnson, les frères Brown firent main basse sur le marché par l'entremise d'une société créée pour l'occasion. Si le monde pouvait facilement constater ce que faisait Johnson pour Brown & Root, l'inverse était moins évident, notamment en raison d'une loi interdisant à l'époque le financement des campagnes par les entreprises et limitant le financement des particuliers à 5000 dollars par donateur. Le financement des campagnes de Johnson par Brown & Root n'était donc pas chose facile. Lors de chaque campagne, des sacs remplis de liasses circulaient de main en main, sans laisser de traces, et les employés de Brown & Root étaient souvent sollicités pour faire des dons au candidat Johnson, qui une fois élu faisait en sorte d'alimenter Bown & Root en marchés publics. Le coût d'une campagne sénatoriale était limité par la loi à 25 000 dollars par candidat, mais les contributions de Brown & Root dépassaient régulièrement à elles seules les 100 000 dollars, dissimulées de différentes manières, quand ce n'était pas pour acheter directement les votes des électeurs comme les Mexicains déshérités du Sud-Texas. En juillet 1942, l'Internal Revenue Service (IRS) repéra des irrégularités dans les comptes de Brown & Root et décida alors d'ouvrir une enquête. Johnson, qui risquait gros dans l'histoire, tenta d'intervenir auprès du président Roosevelt pour lui assurer qu'il s'agissait d'une manœuvre politique. Mais les agents du fisc redoublaient d'ardeur à chaque tentative de Johnson pour étouffer l'affaire, d'autant qu'il ne parvenait pas à convaincre Roosevelt de s'en mêler. Il finit tout de même par accepter, et le lendemain un nouvel inspecteur fut chargé de l'affaire ; il examina le dossier et jugea que les éléments à charge étaient insuffisants étant donné l'effort de guerre fourni par la société, puis trancha pour une amende de moins de 500 000 dollars. L'affaire fut rapidement classée. Johnson fréquentait à l'époque un groupe informel de richissimes texans, réunis par leur fortune, une volonté commune et un large spectre d'influence politique connu sous le nom de « Suite 8F » en raison de leur lieu de rendez-vous qui se trouvait être la Suite 8F de l'hôtel Lamar de Houston. D'un simple lieu de rencontre informelle, elle devint le lieu où étaient prises les décisions importantes et où se nouaient les alliances, loin du regard du public. Car leur but, aussi paradoxal qu'il puisse sembler, était bien de limiter l'impact des politiques sur leurs affaires respectives, tout en utilisant ces mêmes politiques et législations pour atteindre leurs objectifs. Le point de fusion Les dérives de Brown & Root durant la Première Guerre mondiale furent rapidement excusées au regard du public par la priorité de l'effort de guerre et personne n'évoquait alors les « profiteurs de guerre ». En revanche, il en fut autrement lors de la guerre du Viet-Nam. Les années 50 virent Howco étendre ses activités jusqu'en Arabie Saoudite ou encore au Pérou, en Colombie, Indonésie, Mexique etc. et son revenu global passer de 94 millions de dollars à 194 millions en 1957, année de la mort d'Erle Halliburton, son fondateur, qui s'en allait en laissant une fortune dépassant largement sa promesse initiale d'un million de dollars. Mais la baisse de la demande pétrolière des années 60 entama les revenus de la société, qui chercha alors à se diversifier par tous les moyens. De son côté, Brown & Root accusait également le coup, mais pour une autre raison. Sa santé financière était au mieux, avec notamment la construction de deux bases militaires, en France et en Espagne, pour une somme de 472 millions de dollars. En revanche, son pilier politique Lyndon Johnson s'était mis en tête de participer à la course présidentielle, ce qui n'était pas pour plaire à Herman Brown, satisfait des retours sur investissement procurés par son poulain au Sénat. Il ne voulait pas d'un Johnson en représentation, sans prise directe sur la législation. Néanmoins Johnson s'inclina aux primaires face au candidat Kennedy, et Herman Brown mourut d'une rupture d'anévrisme en novembre 1962, quelques mois avant l'assassinat de Dallas qui devait porter Johnson à la présidence. Il était alors question d'une acquisition de Brown & Root par Halliburton. D'une part, les frères Brown ne souhaitaient pas vendre leur société à un concurrent. D'autre part, les deux sociétés, dont les points communs étaient leur origine texane, leurs débuts tourmentés et leur politique syndicale sans concessions, présentaient également une singulière complémentarité (la technologie mise au service d'un marché précis pour Halliburton, et la puissance politique d'une Brown & Root) lorsqu'il s'agissait de décrocher les contrats sur lesquels ils mettaient ensuite autant d'hommes que nécessaire. Arthur LEPIC Deuxième partie : Lien vers http://veritance.populus.ch/rub/65> [1] La source principale des informations rapportées dans cet article est : The Halliburton Agenda, The Politics of Oil and Money par Dan Briody, Wiley éd., 2004. [2] La Standard Oil deviendra plus tard la compagnie Exxon, dont nous avons relaté l'histoire dans « Exxon-Mobil, fournisseur officiel de l'empire », Voltaire, 26 août 2004. [3] Cité par l'auteur. Op Cit. [4] Op. Cit. p 78 Sources : Lien vers http://www.reseauvoltaire.net/article14938.html> |
Dick Cheney - Halliburton accusé de corruption | |
LES MAGOUILLES SE POURSUIVENT... 3 octobre 2004 Halliburton accusé de corruption Le groupe américain, alors dirigé par Dick Cheney, aurait participé au paiement de 132 millions de dollars en échange de contrats au Nigeria. Un avocat installé à Londres a participé avec trois cadres britanniques du groupe de construction américain Halliburton au paiement d'au moins 132 millions de dollars en commissions "injustifiées" à des contacts au Nigeria, rapporte The Independent dans son édition dominicale du 3 octobre. Ces paiements, pour la plupart effectués alors qu'Halliburton était dirigé par Dick Cheney, actuellement vice-président des Etats-Unis, ont facilité l'obtension par un consortium, dont faisait partie le groupe américain, d'un contrat de 12 milliards de dollars pour la construction d'un terminal de gaz à Bonny Island au Nigeria, indique le journal britannique. Dans un dossier judiciaire remis à des enquêteurs français chargés d'une affaire de corruption, Halliburton a reconnu avoir payé 132 millions de dollars (106 millions d'euros) à Jeffrey Tesler, un avocat britannique établi dans le nord de Londres. Des honoraires et autres frais légitimes Contacté, Tesler n'a pas répondu, mais son avocat français a admis qu'il avait reçu cet argent, tout en précisant que cela correspondait à des honoraires et à d'autres frais légitimes, selon le journal. Un porte-parole d'Halliburton a confirmé que le personnel de sa filiale Kellogg Brown & Root, membre du consortium TSKJ qui a construit l'infrastructure nigériane, avait été en contact avec Tesler. Les indications fournies par Halliburton aux enquêteurs français révèlent que depuis 1996, le groupe a versé 132,3 millions de dollars à Tesler, dont la moitié après 1999. Dans une lettre aux autorités nigérianes, demandant leur coopération dans cette affaire, les enquêteurs français estiment que les commissions perçues par Tesler "apparaissent totalement injustifiées". Le quotidien britannique ajoute qu'Halliburton a renvoyé un cadre supérieur, Jack Stanley, accusé d'avoir reçu des sommes indues de Tesler. Stanley avait été promu à son poste par Cheney, quand il dirigeait Halliburton entre 1995 et 2000. 24 septembre 2004 Affaire Halliburton: "notes de réunions" impliquant le français Technip Le juge français chargé d'enquêter sur des soupçons de commissions en marge de l'implantion au Nigeria d'un complexe gazier, a reçu récemment de la part d'Halliburton des notes impliquant la société française Technip dans des faits de corruption présumée, a indiqué vendredi Le Figaro. Le groupe de services pétroliers Halliburton, dirigé entre 1995 et 2000 par l'actuel vice-président des Etats-Unis Dick Cheney, a transmis ces documents qui impliquent également l'italien Snamprogetti et le japonais JGC, selon le quotidien français. Toutefois, selon une source judiciaire, les documents transmis par Halliburton au juge parisien Renaud van Ruymbeke, mais aussi à la justice américaine, sont rédigés en anglais et sont actuellement en cours de traduction. Le parquet de Paris n'a pas encore connaissance de leur contenu. En 1995, un consortium de quatre sociétés d'ingéniérie, KBR (Kellog Brown and Root, filiale d'Halliburton), le français Technip, l'italien Snamprogetti et le japonais JGC, avaient été chargé de réaliser ce complexe gazier d'un montant de 6 milliards de dollars. Or, 180 millions de dollars de commissions liées au contrat auraient transité par les comptes d'un avocat londonien Jeffrey Tesler, qui aurait servi d'intermédiaire. La justice s'interroge sur la destination de cette somme et cherche à savoir si elle a donné lieu à des commissions occultes et illégales. Selon Le Figaro, le contenu de deux classeurs de notes rédigées par William Chaudan, représentant de KBR au sein du consortium, laisse entendre que des représentants des trois autres sociétés du consortium étaient présents lors de réunions où des décisions étaient prises collégialement concernant notamment des "commissions". Sources : Lien vers http://www.jeuneafrique.com/gabarits/articleAFP_online.asp?art_cle=AFP90244affaiesserp0> |
Dick Cheney - Halliburton | |
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LE VOL MANIFESTE HALLIBURTON Les scandales du colonialisme de pillage en Irak Conférence de presse du 29 juin 2004 Dossier de presse composé par Peter Franssen La souveraineté perdue de l’Irak Demain, le 30 juin, le proconsul américain, Paul Bremer, cèdera le pouvoir en Irak à un gouvernement. Les ministères américaines de la Défense et des Affaires Etrangères ont désigné eux-mêmes les membres de ce gouvernement. Le premier minister Iyad Allawi se trouve depuis 12 ans sur la liste de paiement du service secret américain, la CIA.[1] Huit ministres sortent d’organisations financées et dirigées par le gouvernement américain. Deux ministres sont des citoyens américains[2]. Le gouvernement irakien aura besoin de l’approbation américaine pour édicter des lois, il n’a aucun pouvoir sur les 140.000 troupes d’occupation américaines et les 25.000 autres. La souveraineté politique irakienne est donc un mensonge. Il en va de même pour la souveraineté économique de l’Irak. Un rêve capitaliste Le 1er mai 2003, le journal boursier américain The Wall Street Journal publie un article qui mentionne: “Beaucoup de conservateurs estiment que l’Irak est le cas d’essai pour savoir si les USA réussiront à faire percer le capitalisme du libre marché, style américain, dans le monde arabe.”[3] Imposer le capitalisme du libre marché style amércain a été, jusqu’à présent, l’œuvre de la Coalition Provisional Authority (CPA), dirigée par Paul Bremer. En automne 2003, la CPA a annoncé, lors de la réunion de la Banque mondiale à Dubai, une série de mesures économiques. Si elles réussissent, cela signifie, selon les commentaires du journal brittanique The Economist, la réalisation d’un “rêve capitaliste”.[4] Dans la Décision 39 du 19 septembre 2003, la CPA dit que 200 entreprises publiques seront privatisées. Les investisseurs étrangers pourront en devenir les propriétaires à 100 Ils n’auront besoin d’aucune autorisation préalable de quiconque, ils ne seront pas obligés à impliquer leurs partenaires irakiens dans leur projet, ils ne devront pas réinvestir leurs bénéfices. Aucune instance ne contrôlera leurs activités. Les impôts sur leurs bénéfices seront réduits à 15 Les tarifs d’importantion réduits à 5 Le ministre de la Défense, Rumsfeld, a résumé les mesures comme suit : « L’économie de marché est stimulée, et non pas le sytème de diktats staliniens ».[5] En Irak, l’économie de marché est égal au pillage illimité. The Economist est un magazine terre à terre pour des hommes d’affaires terre à terre. Il constate ce qui est une évidence : « C’est un rête capitaliste ». Pourtant, il y en a pour qui le maximum n’est toujours pas assez. Ceux qui sont verslaafd au pognon, en veulent toujours davantage. Robert Barro, un économiste très rénommé de Harvard, dit par exemple qu’il s’agit de “réformes nobles sur le plan du droit et de la propriété privée” mais qu’il reste dommage que l’industrie pétrolière irakienne rest toujours sous le contrôle de l’Etat.[6] Qu’il s’agit de l’Etat américain et que le nouveau gouvernement irakien n’a même pas le droit de regard dans les contrats pétroliers, ne fait pas problème pour ce défenseur du libre marché. Il y a encore une autre plainte. Qui est notamment formulée par le grand bureau d’avocats international Pillsbury Winthrop: “Dommage que la comptabilité des entreprises irakiennes doit être rédigée en arabe.”[7] Oui, biens sûr, ce petit morceau d’identité irako-arabe en peut-il pas non plus être effacé ? Malgré toutes ces imperfections, l’euphorie dans les milieux d’affaires est générale. Les réserves pétrolières de l’Irak sont les deuxièmes du monde. D’énormes bénéfices sont à attendre dans toutes les branches industrielles et services. Pour la seule reconstruction, il faudra déjà au moins 100 milliards de dollars. Sous les yeux et surtout sous les mitraillettes de l’armée américaine, ce pays peut devenir un véritable El Dorado. Dans l’illégalité Les réformes économiques que Bremer et co ont entamé l’année dernière, sont tout à fait illégales. Elles violent la loi irakienne, la loi américaine et les traités internationaux. Les Conventions de Genève (1949) de La Haye (1907) stipulent que le pouvoir d’occupation doit respecter les lois du pays. L’article 43 de la Convention de La Haye stipule: “Le pouvoir d’occupation doit prendre toutes les mesures en vue du rétablissement et de la garantie de l’ordre et de la vie publique, dans le respect total des lois en vigueur dans le pays, sauf si c’est absolument impossible.” La privatisation de 200 entreprises publiques, y compris des banques, des mines et des usines, est contraire à la constitution irakienne qui dit que les secteurs-clé de l’économie ne peuvent pas être privatisés. La privatisation et la uitverkoop sont même contraires aux dispositions légales américaines comprises dans la US Army’s Law and Land Warfare. Qui disent que “l’occupant n’a pas le droit de vendre les possessions du pays ou d’y faire un usage impropre”.[8] Lorsqu’un journaliste a prudemment demandé au président George W. Bush si la politique économique des USA en Irak était bien conforme au droit international, celui-ci a répondu de sarcastisch: “Le droit international ?! Alors je dois contacter mon avocat!”[9] Quelques jours avant, Richard Perle, un des idéologues de l’administration Bush, avait admis que la guerre et l’occupation étaient elles-mêmes illégales. Nous avons commencé la guerre, a dit Perle, même si “la législation internationale y faisait obstacle.”[10] Dieu ni maître ne peuvent arrêter la Maison Blanche lorsqu’il s’agit de réaliser le rêve capitaliste. Le butin, qui s’empare du butin? Qui s’empare du butin? Le président Bush: “C’est très simple: ceux d’entre nous qui ont risqué leur vie, les membres de la coalition amie ont risqué leur vie et les contrats reflèteront donc cet état de choses. C’est d’ailleurs ce que les contribuables attendent de nous.”[11] Le butin de guerre est pour le vainqueur. C’est si simple que ça. Celui qui pensait que le but de la guerre était de libérer le pays et de rendre donc l’Irak aux Irakiens, perdra vite ces illusions. Conformément à la vision de Bush, Paul Wolfowitz, le vice-ministre de la Défense, a signé en décembre 2003, un circulaire qui stipule que la France, l’Allemagne, la Russie et le Canada n’auraient pas accès aux contrats établis pour la reconstruction de l’Irak. Il y en avait, à ce moment-là, quelque 26 pour une valeur totale de 18 milliards de dollars. Un an avant, pendant les préparations de guerre, lorsque les USA s’efforçaient à y impliquer l’axe Paris-Berlin, le ministre des affaires étrangères Colin Powell avait déjà menacé que celui qui ne participerait pas “en devrait assumer les conséquences”. Mais même ceux qui ont participé et qui continuent à le faire, doivent se précipiter. Les Brittaniques par exemple, les alliés les plus fidèles des américains. En janvier 2004, ils ont envoyé Brian Wilson, l’envoyé commercial spécial du gouvernement et Mike O’Brien, le ministre du Commerce International, à Washington pour revendiquer la part brittanique du gateau. Une note gouvernementale est parue dans la presse brittanique disant : “Malgré le lobbying intense de nos ministres et de nos diplomates pour obtenir une participation significative brittanique dans les contrats, aucune offre brittanique ne l’a emporté.”[12] Dans un autre document, le ministre O’Brien insiste auprès du ministre des Affaires Etrangères, Jack Straw, de faire tout pourque les entreprises brittaniques ne ratent pas le bateau la prochaine fois. Jusqu’à présent, les contrats les plus importants et les plus juteux sont presque attribués sous seing privé. La reconstruction de l’Irak est aux mains des entreprises américaines. Les deux entreprises principales sont Halliburton sa filiale Kellogg Brown & Root (KBR) ainsi que la firme Bechtel. Halliburton, l’indiscutable numéro un Sur le plan mondial, Halliburton le deuxième fournisseur de services à l’industrie pétrolière et de gaz. Sa filiale Kellogg Brown & Root est spécialisée dans les services à l’armée américaine. Halliburton et KB&R occupent 85.000 personnes dans 100 pays (pratiquement partou où l’armée américaine a des troupes). Le grand chef de Halliburton est David Lesar. En 2001, il a gagné, comme salaire, bonus et options d’actions, la somme totale de 10 millions de dollars.[13] Les personnes qu’il occupe, jusqu’à présent 24.000 en Irak et Koweit, ont moins de chance. Jusque juin de cette année, 39 d’entre-elles sont mortes en Irak. Deux ont disparu.[14] Les collaborateurs en Irak sont en général des travailleurs d’Inde et d’autres pays du tiers monde asiataiques qui perçoivent, en échange de leur travail, 2 ou 3 pourcent du salaire de David Lesar.[15] En Irak, Halliburton est devenu le symbole du colonialisme de pillage illimité et insolent. C’était possible grâce qu soutien total du président Bush et de son administration au projet colonial en Irak. Fin mai 2003, Bush a édicté l’Executive Order 13303, écrit notamment pour Halliburton. EO 13303 octroie une immunité totale aux entreprises américaines actives dans l’industrie pétrolière en Irak. Elles ne peuvent être poursuivies pour aucune infraction à la législation si cette infraction a lieu dans le cadre de l’extraction pétrolière et du rétablissement de l’infrastructure pétrolière en Irak. Les organisations non-gouvernementales américaines Government Accountability Project (GAP) et Earthrights International, qui essaient de contrôler les activités du gouvernement, écrivent: “Beaucoup de juristes sont très préoccupés concernant EO 13303. L’administration Bush dit que l’objectif d’EO 13303 est de protéger le pétrole irakien pour le peuple irakien. Mais beaucoup de juristes concluent que EO 13303 constitue une tentative à peine dissimulée pour lever la loi pour les entreprises impliquées dans la reconstruction de l’industrie pétrolière irakienne.”[16] Tom Devine, le directeur de GAP dit clairement: “Executive Order 13303 est l’autorisation formelle aux entreprises de piller l’Irak et ses citoyens.”[17] Juridiquement, Halliburton est sur un lit de roses. Mais également financièrement. Car le 14 décembre 2001, plus de 15 mois avant le début de la guerre en Irak, l’entreprise a reçu de l’armée américaine un contrat fabuleux valable pour 10 ans, sans limite finanicière. Le contrat stipule que Halliburton a la mission “de construire des camps militaires, y compris cuisines, réfectoires, buanderies, douches, eau potable, grands magasins et autre support logistique”[18] D’un contrat semblable obtenu pour les troupes américaines dans les Balkans, Halliburton avait encaissé après trois années un chiffre d’affaire de 2,2 milliards de dollars. Personne ne sait quelle somme fabuleuse Halliburton aura encaissé le 14 décembre 2011. En dehors du contrat du 14 décembre 2001, Halliburton et sa filiale Kellogg Brown & Root ont déjà obtenu des pour 11,5 milliards de dollars de contrats pour la construction d’écoles, d’hôpitaux, pour la reconstruction d’installations électriques, le construction de routes...[19] Ainsi elles occupent de loin la première place des entreprises non-militaires actives en Irak. Le peuple irakien et le contribuable américain Immédiatement après la chute de Bagdad en 2003, il y a eu des pillages dans plusieurs villes. Ce que Halliburton a montré cette dernière année en Irak et Koweit, est d’un tout autre calibre. Scandale n° 1. Début décembre 2003, il apparaît que Halliburton a demandé 2,64 dollars pour un gallon (environ 30 litres) de pétrole que la firme importait du Koweit. Pour le pétrole venant de la Turquie, on payait 1,24 dollar. De mai à octobre 2003, Halliburton avait importé 61 millions de gallons de Koweit. La surfacturation d’élève à 60 ou 70 millions de dollars, compte tenu du facteur de risque. [20] Des observateurs indiquent que ce n’était peut-être pas un hasard que Kellogg, Brown & Root, qui avait reçu le contrat pour la reconstruction de l’infrastructure pétrolière, n’avançait que très lentement avec ces travaux. Ce n’était vraiment pas parce qu’il y avait tant d’actions de sabotage. Si l’infrastructure pétrolière continuait à fonctionner mal, il fallait bien importer du pétrole. Quoi qu’il en soit, il y a confusion d’intérêts entre Halliburton et KB&R et tout cela est lié au rôle préférentiel de ces deux entreprises en Irak.[21] Scandale n° 2. En janvier 2004, il est apparu que Halliburton comptait le prix de 42.042 repas en moyenne par jour dans le Camp Arifjan au Koweit. En réalité, le nombre de repas servis aux soldats n’était pas plus que 14.052 en moyenne. La somme demandée était donc trois fois trop élevée. Le même genre de pratique serait également appliquée dans d’autres bases militaires. Jusqu’à présent, 27 millions de dollars de surfacturation ont déjà été détectés. Halliburton a dit qu’elle rembourserait cette somme.[22] Scandale n° 3. En janvier 2004, Halliburton a admis avoir licencié deux hauts cadres parce qu'ils avaient accepté pour 6,3 millions de pots-de-vin de la part d'une firme pétrolière koweïtienne dont le nom n'est pas précisé. Ces pots-de-vin devaient aider la firme pétrolière à décrocher un contrat important.[23] Scandale n° 4. Vers la mi-juin 2004, des cadres de Halliburton ont fait une déclaration sous serment à propos de pratiques inacceptables. Ils disent que: - Halliburton a logé 100 employés dans un hôtel cinq étoiles au Koweït pour une somme totale de 10.000 dollars par nuit alors qu'ils devaient normalement loger dans des tentes. - Halliburton a déclaré une facture de 85.000 dollars pour des camions déclassés alors qu'ils avaient simplement un pneu crevé ou un autre petit problème qui pouvait se régler facilement. - Halliburton payaient consciemment deux fois certains sous-traitants pour la même prestation. - Halliburton a acheté 37.200 tonnes de soda au Koweït à un prix 24 fois supérieur à la normale. - Halliburton payaient les blanchisseries en sous-traitance quatre fois plus que le prix du marché. Dans le cas des sous-traitants, du soda et de la blanchisserie, les sonneurs de cloche disent que les membres du personnel de Halliburton qui ont pris ces décisions étaient probablement corrompus.[24] David Walker de la Cour des Comptes Américaine a déclaré quelques jours plus tard qu'au cours de l'année passée en Irak et au Koweït, Halliburton avait facturé 1 million de dollars de trop à l'autorité américaine.[25] La plupart des surfacturations se sont passées dans le cadre du contrat du 14 décembre 2001. Ce contrat est financé par deux sources: le contribuable américain et la caisse du Pétrole pour le programme alimentaire des NU, argent destiné aux besoins de la population irakienne.[26] Avec le soutien de la Maison Blanche Dick Cheney était le grand patron de Halliburton de 1995 à 2000 pour devenir ensuite le vice-président des Etats-Unis. Grâce à son poste chez Halliburton, Cheney a gagné en 2000 près de 24 millions de dollars, soit presque un milliard d'anciens francs Belges.[27] En 2001, après son départ, il a encore reçu quelques 3 millions de dollars, convenablement repartis en 1,6 millions de dollars de compensation et 1,4 millions de dollars de bonus. C'est en tout cas cela que l'on retrouve dans sa déclaration d'impôts.[28] En 2002, il a reçu 160.000 dollars et l'année passée 178.000 dollars. Pour le reste, il possède toujours 433.000 actions chez Halliburton qu'il peut vendre à tout moment. Fin juin 2004, les actions de Halliburton étaient cotées à 31 dollars à la bourse de New York. La vente de celles-ci pourrait lui rapporter la modique somme de 13,5 millions de dollars. Le vice-président a toujours nié avoir donné un coup de pouce à Halliburton et la filiale KB&R pour l'attribution de contrats en échange de ces millions. Il a nié aussi avoir eu connaissance de contrat qui avaient été prévus avant le début de la guerre. Le Congrès Américain a ouvert une enquête sur les liens entre le vice-président Cheney et Halliburton. Celle-ci a déjà montré que Cheney ment. Il est déjà sûr et certain que Lewis Libby, le chef du personnel du vice-président, avait déjà commencé les négociations avec Halliburton à propos de la signature des contrats en octobre 2002. Libby faisait ça sur l'ordre de Cheney.[29] On aurait pourtant pu savoir que Halliburton et KB&R n'avaient pas un palmarès très radieux. Scandale n° 1. Lors d'un contrôle fiscal en février 1997, il semblerait que la KB&R ait facturé ses services en Bosnie pour 461 millions de dollars alors qu'en réalité, les factures ne pouvaient s'élever qu'à 191 millions de dollars.[30] Scandale n° 2. En février 2002, la KB&R a payé une amende de 2 millions de dollars au Ministère de la Justice Américain parce qu'au cours des années '90, ils avaient introduit des factures trop élevées pour 224 projets nationaux.[31] Scandale n° 3. En mai 2003, Halliburton a admis avoir payé, au cours des années '90, 2,4 millions de pots-de-vin aux politiciens nigérians en échange d'une diminution des impôts sur les bénéfices des entreprises dans ce pays.[31] Il faut le dire: Cheney n'est pas le seul qui a fait de la guerre une affaire de profit. Plus tôt, Richard Perle a dû démissionner en tant que président de la Defense Policy Board, l'organe de conseil le plus important du Pentagone. Perle avait utilisé les informations qu'il avait reçues en tant que conseillé principal pour donner des tuyaux aux entreprises sur des investissements lucratifs, tout cela contre remboursement. De directeur de la campagne électorale de Bush, Joe Albaugh, a fondé la firme New Bridge Strategies qui aide les autres entreprises à obtenir des contrats en Irak. Douglas Feith, le numéro 3 de la Défense, dirige un bureau d'avocat qui aide les entreprises dans le même but. Ce sont tous des scandales qui font partie d'un énorme scandale: le pillage de l'Irak. Un témoignage typique nous vient du ministre des Affaires américain Don Evans. A son retour d'Irak, fin 2003, il parlait d'un "progrès phénoménal de l'économie". Parce qu'Evans a été témoin de ceci: "Je me suis arrêté au bord de la route. J'ai parlé avec quelques jeunes. Je leur ai acheté une bouteille de Coca-Cola. Ce sont de vrais petits entrepreneurs! Oui, ça va vraiment mieux,… sous la direction de notre président Bush.”[32] [1]. ‘Who's who in Iraq: Iyad Allawi’, BBC, 28 mei 2004, zie: http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/3757923.stm [2]. Gary Leupp, ‘Not really a puppet government? Meet the New Iraqi Leaders’, Counter Punch, 12 juin 2004, voir: http://www.occupationwatch.org/article.php?id=5351 [3]. Neil King, ‘Bush officials devise a broad plan for free-market economy in Iraq’, Wall Street Journal, 1er mai 2003, voir: http://www.rppi.org/bushofficials.html [4]. ‘Let's all go to the yard sale, If it all works out, Iraq will be a capitalist’s dream’, The Economist, 25 septembre 2003, voir: http://homepages.paradise.net.nz/corinrag/doucments_files/Let's all go to the yard sale.htm [5]. Geciteerd in Daphne Eviatar, ‘Free-market Iraq? Not so fast’, The New York Times, 10 janvier 2004, voir: http://www.globalpolicy.org/security/issues/iraq/attack/law/2004/0112freemarket.htm [6]. Robert Barro, ‘A step in the right direction for Iraq’, Business Week, 5 avril 2004, voir: http://post.economics.harvard.edu/faculty/barro/bw/BW-April5.pdf. Dans la même revue, Robert Barro avait écrit, 4 ans plus tôt, que “personne n’avait mieux démontré la supériorité de l’économie de marché que Pinochet et ses conseillers au Chili.” Robert Barro, ‘One Pinochet lagacy that deserves to live’, Business Week, 17 janvier 2000, voir: http://post.economics.harvard.edu/faculty/barro/bw/bw00_01_17.pdf [7]. ‘Reconstruction of Iraq, Coalition Provisional Authority issues Order Number 39 allowing foreign investments in Iraq’, Pillsbury Winthrop, 23 septembre 2003, voir: http://www.pillsburywinthrop.com/files/tbl_s31Publication/PDFUpload208/8907/Iraq SEP 2003.pdf [8]. Naomi Klein, ‘Bring Halliburton home’, The Nation, 24 novembre 2003, voir: http://www.thenation.com/doc.mhtml?i=20031124&s=klein [9]. ‘Boomerang diplomacy’, The Washington Post (editorial), 12 décembre 2003, voir http://www.washingtonpost.com/ac2/wp-dyn?pagename=article&contentId=A58200-2003Dec11¬Found=true [10]. Oliver Burkeman en Julian Borger, ‘War critics astonished as US hawk admits invasion was illegal’, The Guardian, 20 novembre 2003, voir: http://www.guardian.co.uk/Iraq/Story/0,2763,1089158,00.html [11]. Ibrahim Warde, ‘L’Occupation américaine en échec’, Le Monde Diplomatique, mai 2004, voir: http://www.monde-diplomatique.fr/2004/05/WARDE/11158?var_recherche=Ibrahim Warde [12]. Terry Macalister, ‘Leak reveals ministers' fears over Iraqi contracts’, The Guardian, 13 février 2004, voir: http://www.guardian.co.uk/Iraq/Story/0,2763,1147271,00.html [13]. U.S. Labor Against the War, ‘The corporate invasion of Iraq’, Berkeley Californië, 15 juin 2003, p. 6, voir: http://www.uslaboragainstwar.org/article.php?list=type&type=63 [14]. Sheila McNulty, ‘Come to hell with Halliburton – the pay’s good’, The Financial Times, 14 juin 2004, voir: http://news.ft.com/servlet/ContentServer?pagename=FT.com/ StoryFT/FullStory&c=S toryFT&cid=1086940186601 [15]. Pratap Chatterjee, ‘Halliburton makes a killing on Iraq war’, CorpWatch, 20 mars 2003, voir: http://www.corpwatch.org/issues/PRT.jsp?articleid=6008 [16]. Persmededeling GAP, ‘The Government Accountability Project challenges Bush Executive Order 13303 franting blanket legal immunity in Iraqi oil commerce’,15 août 2003, voir http://www.whistleblower.org/uploads/press release 8.14.03.pdf [17]. André Verlöy, ‘Oil Immunity? Government denies charges that Bush helped oil companies in Iraq’, Center for Public Integrity, 30 octobre 2003, voir: http://www.publicintegrity.org/wow/report.aspx?aid=69 [18]. Persdienst Halliburton, ‘Halliburton KBR wins logistics augmentation contract from US Army’, 17 décembre 2001, voir: http://www.halliburton.com/news/archive/2001/kbrnws_121701.jsp [19]. Jason Leopold, ‘Halliburton, VP Cheney’s former company faces second criminal probe’, Globalresearch, 25 février 2004, voir: http://globalresearch.ca/articles/LEO402B.html [20]. 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Seth Borenstein, ‘Estimates: Wasteful spending in Iraq has topped $1 billion’, Knight Ridder Newspapers, 15 juni 2004, zie: http://www.montereyherald.com/mld/montereyherald/news/world/8930565.htm [26]. ‘Halliburton chief appeals for help after congressional charges’, AFP, 27 oktober 2003, zie: http://www.independent-media.tv/item.cfm?fmedia_id=3616&fcategory_desc=Dick Cheney and Halliburton [27]. Chris Hartman, David Martin en Bon Robinson, ‘More bucks for the bang, CEO pay at top defense contractors’, United for a Fair Economy, Boston, 28 april 2003, blz. 4, zie: http://www.faireconomy.org/press/2003/BucksforBang.pdf [28]. Ibidem, blz. 11 [29]. David Teather, ‘Congress inquiry links Cheney aide to Halliburton deal’, The Guardian, 15 juni 2004, zie: http://www.guardian.co.uk/usa/story/0,12271,1239065,00.html en Erik Eckholm, ‘White House Officials and Cheney Aide Approved Halliburton Contract in Iraq, Pentagon Says’, The New York Times, 14 juni 2004, zie: http://www.nytimes.com/2004/06/14/politics/14PROC.html?ex=1088395200&en=46b6c4ac99311f7d&ei=5070 [30]. Pratap Chatterjee, ‘Cheney’s close ties to Brown and Root’, Corpwatch, 20 maart 2003, zie: http://www.corpwatch.org/issues/PID.jsp?articleid=6028 [31]. Doug Ireland, ‘Dick Cheney and the $5 million man’, The Nation, 18 juni 2004, zie: http://www.thenation.com/doc.mhtml?i=20040705&s=ireland Sources : STOP USA Lien vers http://www.stopusa.be/june30/halliburton/dossier_fr.htm> |
Dick Cheney - Cheney, le diable | |
http://veritance.populus.org/rub/66
LE MANIPULATEUR INTOUCHABLE L'HOMME QUI PEUT FAIRE PERDRE BUSH... La convention républicaine, réunie cette semaine à New York, désignera sans surprise George Bush et Dick Cheney pour défendre ses couleurs. Mais les troublantes relations d'affaires du vice-président et son arrogance guerrière alimentent la polémique. «Allez vous faire enc... » Ce n'est pas tous les jours qu'un vice-président américain s'emporte jusqu'à injurier très grossièrement un sénateur démocrate. Qui plus est en public. Il est vrai que Patrick Leahy, élu du Vermont, accusait Dick Cheney de corruption. Cette insulte, lancée il y a quelques semaines lors d'une séance de photos au Sénat, traduit l'exaspération du vice-président des Etats-Unis, habituellement insensible aux critiques. Depuis plusieurs mois, mêlé à peu près à toutes les affaires qui agitent la Maison-Blanche, il est devenu la cible d'attaques à boulets rouges. A tel point que, à quelques jours de l'ouverture de la convention républicaine à New York, il apparaît comme un poids de plus en plus lourd à traîner pour Bush Jamais les Etats-Unis n'ont eu un vice-président aussi puissant. Dick Cheney, éminence grise de George Bush, serait même le vrai président des Etats-Unis, à en croire ses détracteurs. C'est la thèse du journaliste de gauche John Nichols, auteur d'une biographie critique à paraître, intitulée : « Dick : l'homme qui est président ». S'il tire les ficelles, c'est cependant dans l'ombre. Après les attentats du 11 septembre 2001, Dick Cheney a quasiment disparu de la scène publique. Pour des raisons de sécurité, mais aussi par tempérament. Personnage secret, beaucoup plus à l'aise dans le rôle de conseiller occulte, il préfère manoeuvrer en coulisse. Ce sexagénaire à la mine austère est un vieux briscard de la politique qui a servi sous quatre présidents, dont Bush père, comme secrétaire à la Défense. Etonnamment, pendant ses quarante années au service de l'Etat, il a gardé un profil bas. C'est cette discrétion qui a permis à cet homme dépourvu des atouts classiques pour une carrière politique - appuis, bagou ou charisme - de s'élever toujours plus haut, estime John Nichols. Et de satisfaire, selon l'auteur, une ambition dévorante. Chargé par Bush junior de sélectionner son futur vice-président, il s'est ainsi délicatement choisi lui-même... Mais, après quatre ans de pouvoir et plusieurs mises en cause dans des dossiers brûlants, Dick Cheney se retrouve brusquement propulsé sous le feu des projecteurs. Le vice-président est d'abord sur la sellette pour avoir farouchement milité en faveur de la guerre en Irak. Une guerre déclenchée sur la base de renseignements erronés. Et, même si la Commission du 11 septembre a démenti toute « collaboration » entre Saddam et Al-Qaeda, Dick Cheney, lui, campe sur ses positions et continue de clamer haut et fort qu'il existe un lien entre les deux. Tout comme il soutient mordicus l'existence des armes de destruction massive. On lui reproche ensuite son extraordinaire pouvoir. A lui seul, il semble tout contrôler, comme le montre le rapport récent de cette même Commission. Juste après les attentats, Dick Cheney a envoyé George Bush dans un bunker, dans le Nebraska, pendant qu'il prenait le commandement à la Maison-Blanche et ordonnait qu'on abatte tout avion détourné. Avec l'aval du président, assure-t-il. Mais les notes qui ont été prises à cette époque n'en font pas mention... Autre preuve de son influence : Dick Cheney a réussi, malgré les pressions intenses des démocrates, à garder secrète l'identité des membres de l'équipe qu'il a chargée d'élaborer la politique énergétique du pays. On l'accuse de s'être entouré de représentants de grands groupes industriels qui ont concocté un plan favorable à leurs intérêts. Et ce n'est pas le seul scandale. Le bureau du vice-président fait également l'objet d'une enquête sur une affaire épineuse : qui, en haut lieu, a dévoilé à la presse le nom d'une femme agent de la CIA, Valerie Plame ? Les auteurs de la fuite visaient à se venger de son mari, diplomate, qui avait réfuté dans un rapport l'existence d'achats d'uranium par l'Irak. Mais ce sont surtout les troublantes relations d'affaires de Dick Cheney qui dérangent. Avant d'occuper le poste de vice-président, en 2000, Cheney a dirigé pendant cinq ans Halliburton, un énorme groupe d'ingénierie. Un fait d'ailleurs omis dans la biographie présentée sur son site Internet. Halliburton fait l'objet de plusieurs procès sur ses pratiques comptables frauduleuses entre 1998 et 2001. Cheney assure qu'il n'était pas au courant. Difficile à croire quand on en était le grand patron. Il a juré ensuite à plusieurs reprises ne plus avoir de rapports avec son ancienne entreprise. Mais il a reçu, au moins jusqu'à l'an dernier, des paiements compensatoires évalués à plusieurs centaines de milliers de dollars par an. Halliburton s'est taillé la part du lion en Irak : sans le moindre appel d'offres, le groupe a remporté plusieurs contrats d'une valeur de quelque 18 milliards de dollars pour la reconstruction du pays et la logistique des troupes américaines. Bien plus que n'importe quelle autre société américaine. Cheney se défend d'avoir favorisé Halliburton, mais des documents récents montrent que son bureau a été consulté avant l'attribution du contrat de 7 milliards de dollars pour la remise en état des infrastructures pétrolières. En outre, un courrier électronique du Pentagone datant de 2003 et révélé dernièrement précise que « l'action a été coordonnée avec le bureau du vice-président ». Aux yeux des anti-Cheney, de plus en plus nombreux, le vice-président, dépeint comme un être machiavélique, un « Docteur No avec une vision noire », selon l'éditorialiste Maureen Dowd, se révèle la cible idéale pour dénoncer l'arrogance guerrière de l'administration, sa collusion avec les grandes entreprises et l'atmosphère de secret qu'elle fait régner. « Je pense que Cheney représente un vrai problème politique, commente Mark Mellman, l'un des responsables de la campagne de John Kerry. C'est un homme qui attire la foudre et qui incarne la malfaisance et les combines du grand capital... » A Washington, on surnomme le clan Cheney « la famille ». Au côté de Dick, on trouve Lynne, sa femme, elle-même très engagée politiquement. Elle a notamment créé une organisation de lutte contre le gauchisme dans les universités qui a publié une liste noire d'enseignants « non patriotes ». Ses deux filles, Liz, une mère de famille de 37 ans, et Mary, homosexuelle déclarée, travaillent toutes deux à la campagne de réélection et Cheney a même enrôlé dans ses meetings sa petite-fille de 10 ans. Son image d'autorité et son expérience politique ont très certainement contribué à l'élection de George Bush il y a quatre ans. Mais, aujourd'hui, il fait plutôt figure de gêneur. « En 2000, c'était une soupape de sécurité, il passait pour quelqu'un qui empêcherait Bush de commettre des erreurs stupides. Maintenant, on le voit comme celui qui a poussé aux erreurs », analyse Geoff Garin, un stratège démocrate. Un sondage CBS News/New York Times montre que 22 es électeurs ont une opinion favorable du vice-président, contre 31 'opinions défavorables : trois fois plus qu'en 2002. Même chez les républicains on se pose des questions, surtout depuis la nomination du colistier démocrate. John Edwards, l'allure jeune et le verbe brillant, est l'antithèse d'un Cheney vieillissant et revêche. Pour une fois, la comparaison avec son fringant rival a inspiré une boutade au vice-président. « Les gens me disent que le sénateur Edwards a été choisi parce qu'il est mignon, charmeur et a une belle chevelure. Moi je leur dis : comment croyez-vous que j'ai obtenu cette place ? » lance-t-il à chaque meeting en se moquant de sa bedaine et de son crâne dégarni. Alfonse D'Amato, un ex-sénateur républicain, a appelé récemment au remplacement du vice-président. Personne, pourtant, ne parie sur son départ, malgré de multiples rumeurs. « Les électeurs se déterminent pour un président, pas pour un vice-président », explique Stephen Hess, analyste à la Brookings Institution. Et dans le passé, les attaques contre un vice-président comme Dan Quayle en 1988 n'avaient pas empêché l'élection de Bush père. Inéligible et intouchable George Bush saisit toutes les occasions d'encenser son numéro deux, et n'a jamais évoqué l'idée d'un nouveau colistier. Le désavouer maintenant serait admettre l'échec de nombre de politiques initiées par le vice-président au cours du premier mandat. En outre, « Dick Cheney reste très populaire auprès de la base conservatrice et le parti compte sur lui pour la mobiliser », observe Joel Goldstein, spécialiste des vice-présidents à l'université de Saint Louis (Missouri). Ces jours-ci, on l'envoie donc en campagne sur les routes alors qu'il déclame ses discours avec la passion d'« une stalactite », selon le mot d'un journaliste. Interrompu par les applaudissements au cours d'un meeting, le vice-président s'est exclamé d'un ton rogue : « Eh, les gars ? Vous voulez l'entendre ce discours, ou non ? » Mais la foule raffole des remarques assassines qu'il distille avec brio contre les démocrates. Surtout, l'état civil et médical de Dick Cheney en fait un vice-président en or. Contrairement à tous ses prédécesseurs, qui ont brigué un jour la présidence, il n'a pas d'ambitions électorales. A 63 ans, après quatre infarc- tus, il se sait inéligible. Cela le rend presque intouchable puisqu'il n'a pas à se soucier de sa réputation ou à ménager des alliances. Cela garantit aussi une loyauté sans faille à George Bush. « Cheney dessert sans doute la campagne de George Bush, mais on ne le virera pas. Le président ne se sépare pas de ses fidèles et il ne voudra pas s'aliéner la base ni tous les caciques du parti qui se voient en présidentiables en 2008 et ne veulent pas d'un concurrent », résume Joel Goldstein. Les présidentiables ? Un certain Jeb Bush, le frère du président, par exemple... SOURCES : Lien vers http://www.lepoint.fr/dossiers_monde/document.html?did=151437 |
Dick Cheney - Cheney et Halliburton ou la grande imposture | |
CHENEY ET HALLIBURTON OU LA GRANDE IMPOSTURE Halliburton, principal bénéficiaire de la reconstruction de l'Irak LE MONDE La production de pétrole irakien doit reprendre le dimanche 22 juin. La reconstruction de l'Irak constitue une véritable mannepour de nombreuses entreprises américaines, en particulier Halliburton et Bechtel. Halliburton est spécialisée dans l'ingénierie pétrolière mais une de ses filiales, KBR est chargée de la logistiqueapportée aux troupes américaines en mission à l'étranger. Au total, Halliburton a obtenu plus de 600 millions de dollars de contrats alors que la somme totale votée par le Congrès pour la reconstruction du pays et l'aide humanitaire se monte à 2,4 milliards de dollars. Cette reconstruction sous l'égide américaine a contraint les Nations unies à mettre fin au programme "pétrole contre nourriture"dont bénéficiaient de nombreuses sociétés, en particulier russes, françaises, et chinoises. New york, de notre correspondant Le 8 mars, le corps du génie de l'armée de terre américaine a attribué à Kellogg Brown & Root (KBR), filiale d'Halliburton, un contrat de 71,3 millions de dollars (61 millions d'euros) pour la remise en état des installations pétrolières irakiennes. La décision a alors provoqué un tollé. Non seulement les clauses exactes du contrat n'étaient pas publiques, mais, en raison "de l'urgence et de la nécessité de respecter le secret militaire", la procédure suivie par le Pentagone était discrétionnaire, sans appel d'offres ni mise en concurrence. L'administration Bush a alors été accusée, notamment par les parlementaires démocrates, de "favoritisme" envers une entreprise dont le PDG d'octobre 1995 à août 2000 était Dick Cheney, aujourd'hui vice-président des Etats-Unis. Au fil du temps, les critiques se sont estompées. Pourtant, il semble que le contrat d'Halliburton est bien plus important qu'annoncé il y a trois mois : le groupe a aussi l'exclusivité de l'approvisionnement des 150 000 soldats américains aujourd'hui dans le Golfe. Première surprise, le coût de la réparation des installations pétrolières a déjà presque triplé. Il représentait, de source parlementaire, 213,7 millions de dollars la semaine dernière et devrait encore gonfler. Les champs de Kirkouk, dans le Nord, et ceux autour de Bassora, dans le Sud, considérés à une époque comme étant parmi les mieux équipés au monde, sont aujourd'hui en piteux état, selon les spécialistes. Le manque d'entretien depuis 1991, les vols et sabotages récents ont rendu la reprise de la production plus difficile que prévu, même si elle aura bien lieu dimanche 22 juin. Autre découverte, la mission confiée à KBR va bien au-delà de l'extinction des puits en feu et des réparations d'urgence. Dans une lettre du 2 mai, le général Robert Flowers, commandant du corps de génie, indique que le contrat consiste aussi à assurer "la marche des installations et la distribution des produits". Le général ajoutait alors, comme l'avait exigé le Congrès, que ce contrat arriverait à échéance fin août et que l'armée lancerait alors un véritable appel d'offres pour la poursuite de la remise en état des infrastructures pétrolières. Il n'en est apparemment plus question. Gary Loew, responsable pour le génie du pétrole irakien, a déclaré que le temps était trop court pour suivre la procédure, attribuer un nouveau contrat et respecter les délais prévus de reprise de la production. Le corps précise qu'il ne s'agit pas d'un délai supplémentaire mais qu'il n'y aura sans doute pas du tout de nouvel appel d'offres, notamment si les Irakiens décident eux-mêmes de nouveaux arrangements. Des déclarations qui ont provoqué la fureur de parlementaires démocrates. "Il s'agit d'un affront direct à la volonté du Sénat des Etats-Unis", a déclaré le sénateur Barbara Boxer. "MONTANTS SANS LIMITES" Mais Halliburton ne s'occupe pas seulement du pétrole irakien. Le groupe assure depuis quatorze mois l'approvisionnement des troupes américaines dans le Golfe. KBR, toujours la même filiale, a engrangé 425 millions de dollars en assurant la fourniture de nourriture, de vêtements et d'équipements à l'armée au Koweït, au Qatar, en Arabie saoudite et en Irak. La filiale d'Halliburton a remporté un contrat auprès du Pentagone en décembre 2001 dans l'indifférence générale, trois mois après les attentats du 11 septembre, et ce au moment où l'armée américaine se préparait à mener plusieurs campagnes. Cet accord est valide dix ans. Il stipule que l'entreprise doit assurer "une présence en 72 heures sur un théâtre d'opérations après notification et la fourniture de service et support logistique à 25 000 hommes partout dans le monde dans les quinze jours", selon un document officiel fourni par Halliburton à l'autorité américaine des marchés, la Sec. Plutôt que de lancer une nouvelle procédure pour subvenir aux besoins des troupes en Irak, le gouvernement a utilisé ce contrat. "Les montants qu'Halliburton peut recevoir à ce titre dans l'avenir sont virtuellement sans limites", s'insurge le représentant démocrate Henry Waxman. "Il apparaît en outre que la plupart des accords de sous-traitance ont été passés sans compétition", écrit-il dans une lettre adressée à Lee Bronwlee, le secrétaire aux armées. "Ce type d'arrangement présente de grands risques pour le contribuable", ajoute-t-il. ENQUÊTES SUR LES DÉPENSES KBR était en compétition avec deux autres sociétés pour devenir le fournisseur exclusif pendant une décennie de l'armée américaine partout dans le monde. "Les contrats du gouvernement des Etats-Unis ne sont pas attribués par des politiques mais par des fonctionnaires en fonction de critères objectifs et précis, explique Wendy Hall, porte-parole d'Halliburton. Privatiser ce type de services logistiques permet aux militaires de se concentrer sur leurs missions. Toute allégation que ce contrat est fait pour faciliter des dépenses sans contrôle est fausse et sans fondement. Le vice-président n'a rien à voir avec l'obtention par Halliburton de ce marché." KBR avait obtenu un contrat similaire entre 1992 et 1999 pour assurer le support des troupes américaines dans les Balkans. Il lui a rapporté 1,2 milliard de dollars et a été étendu jusqu'en 2004. Il devrait, au total, représenter 1,8 milliard. Les opérations en Irak sont d'une tout autre ampleur puisque, depuis, mars 2002, l'armée a passé 24 commandes à KBR pour un total de 425 millions de dollars et que le total des commandes à Halliburton dépasse donc les 600 millions de dollars, sur un total consacré à la reconstruction de l'Irak et à l'aide humanitaire de 2,4 milliards de dollars. En Afghanistan, KBR avait déjà obtenu un contrat de 103 millions de dollars. En janvier, une commande de 60 millions de dollars avait même été passée pour subvenir aux besoins éventuels des troupes en Turquie. Mais le contrat n'a pas été conclu. Aujourd'hui, KBR et ses sous-traitants affrètent des convois de camions qui transportent du Koweït en Irak diverses fournitures et des centaines de tonnes de nourriture et d'eau en bouteille. Halliburton entretient une armée de 150 000 hommes. Le représentant Waxman a demandé à Lee Brownlee de détailler les procédures mises en place pour s'assurer que les sommes dépensées sont justifiées. Une enquête du service d'investigation du Congrès a montré que Kellogg Brown & Root a multiplié les surfacturations en Bosnie. Eric Leser Sources : Lien vers http://www.mafhoum.com/press5/151E16.htm> Nouvelle polémique autour d'Halliburton. George Bush a fait savoir vendredi que toute la lumière devait être faite sur les accusations de malversations à l'encontre d'Halliburton. L'annonce d'une enquête du FBI sur les contrats attribués à cette société de services pétroliers en Irak a relancé la polémique autour du groupe dont Dick Cheney a été le PDG jusqu'en 2000. les Démocrates en ont profité pour attaquer le vice-président. L'annonce jeudi 28 septembre d'une enquête du FBI sur les contrats attribués à Halliburton en Irak intervient à quelques jours du scrutin présidentiel, et les démocrates s'en sont immédiatement emparés pour mettre à nouveau en cause le vice-président Dick Cheney, ancien PDG de la firme. George W. Bush souhaite que toute la lumière soit faite sur les accusations concernant des appels d'offres passés avec la société de services pétroliers Halliburton, notamment en Irak, a déclaré vendredi 29 septembre son porte-parole. "S'il y a eu malversation, le président s'attend à ce que cela fasse l'objet d'une enquête approfondie suivie d'actions", a affirmé M. McClellan lors d'un point de presse en marge d'un déplacement électoral de M. Bush à Manchester (New Hampshire, nord-est). "Vous devez parler au département de la Justice ou au FBI sur ces questions spécifiques", a indiqué le porte-parole en soulignant qu'"il y avait des règles claires et des procédures en place pour la passation de contrats". Haut responsable accusé. Une haute responsable du Génie militaire américain, Bunnatine Greenhouse, chargée de superviser les contrats de fournitures de l'armée, a accusé au début de la semaine des supérieurs d'être intervenus en faveur de Halliburton dans l'attribution de contrats de plusieurs milliards de dollars, en Irak et dans les Balkans. "Ces pratiques ont un impact direct sur l'intégrité du programme fédéral d'attribution des contrats. Elles ont violé des règles spécifiques", a-t-elle fait valoir. L'avocat de Mme Greenhouse, Michael Kohn, a affirmé jeudi que le FBI (police fédérale) avait demandé à interroger sa cliente au sujet d'un contrat de plusieurs milliards de dollars pour le rétablissement des infrastructures pétrolières irakiennes, secrètement attribué à Kellog Brown and Root (KBR), filiale de Halliburton, avant même le début de la guerre, sans appel d'offre. Pas de confirmattion Le FBI n'a ni confirmé ni démenti l'ouverture de cette enquête. "Normalement nous ne confirmons pas l'existence d'une enquête. C'est une politique que nous avons depuis de nombreuses années", a déclaré un porte-parole du FBI, Bill Carter. De son côté, le groupe Halliburton a estimé que Mme Greenhouse ne faisait que "recycler de vieilles allégations à une semaine de l'élection". "Le GAO (General accounting office, équivalent américain de la Cour des comptes) a déclaré, plus tôt cette année, que le contrat avait été attribué de manière appropriée parce que Halliburton était le seul capable de faire le travail", a affirmé Wendy Hall, porte-parole de la firme. Groupe de services pétroliers établi au Texas, Halliburton a été mis en cause dans plusieurs malversations liées à des contrats passés avec l'armée américaine en Irak. Depuis le début du conflit irakien au printemps 2003, le groupe est devenu une des cibles favorites des démocrates, qui lui reprochent sa trop grande proximité avec la Maison Blanche et de profiter indûment de contrats attribués décernés par l'administration Bush pour reconstruire l'Irak. Sa filiale KBR fournit du soutien logistique aux troupes américaines, de la livraison de repas au transport du carburant en passant par la construction d'infrastructures d'hébergement. Cheney mis en cause Vendredi 29 septembre, les démocrates ont également mis en cause directement le vice-président républicain Dick Cheney, PDG d'Halliburton jusqu'en 2000, dont le contrat avec cette firme prévoyait le paiement de compensations durant plusieurs années. "Des gens bien sont venus dire la vérité à propos de ces contrats car ils savent, comme le reste des Américains, que le traitement spécial d'Halliburton par l'administration (Bush) était mauvais", a déclaré dans un communiqué le candidat démocrate à la vice-présidence John Edwards. "Pendant quatre ans, George Bush et Dick Cheney ont accordé des faveurs et se sont occupés des intérêts particuliers de leurs amis, pas de ceux de la classe moyenne", a-t-il ajouté. Spot publicitaire La campagne du candidat démocrate à la présidentielle John Kerry avait lancé en septembre un spot télévisé accusant Dick Cheney d'avoir reçu deux millions de dollars de son ancien groupe. Cheney avait rétorqué qu'il n'y avait "aucune preuve" des accusations des démocrates, qui selon lui cherchaient à "projeter un écran de fumée" et à semer "la confusion chez les électeurs". Mardi, le groupe avait publié des chiffres montrant qu'il retirait un bénéfice financier modeste de sa présence en Irak. Sources : Lien vers http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20041030.OBS0394.html> |
Cheney - Unité d'assassins... | |
http://www.reopen911.info/News/2009/04/12/lancien-assistant-de-cheney-conforte-la-declaration-de-seymour-hersh-sur-lexistence-dune-unite-dassassins-sous-les-ordres-de-lexecutif/
L’ancien assistant de Cheney confirme en partie la déclaration de Seymour Hersh sur l’existence d’une unité d’assassins sous les ordres de l’Exécutif
Le mois dernier, le journaliste au New Yorker Seymour Hersh a révélé dans le Minnesota, que l’ancien vice-président Cheney dirigeait « une unité d’assassins ». « Sous l’autorité du président bush, ils sont allés dans des pays, sans en informer l’ambassadeur ou le chef local de la CIA. Ils allaient trouver des gens mentionnés sur une liste, les exécutaient et partaient », expliquait Hersh.
Aujourd’hui, CNN interrogeait Hersh et l’ancien assistant à la sécurité nationale de Cheney, John Hannah. Bien qu’il ait exprimé des regrets d’avoir révélé l’histoire (l’appelant une « sottise »), Hersh a maintienu sa déclaration initiale. « Je suis désolé, Wolf, j’ai beaucoup de problèmes à cause de ça ».
Il a exprimé à propos des projets d’assassinats :
Hannah a répondu que la version des projets d’assassinats selon Hersh « n’[était] pas correcte ». Pourtant, dans l’instant qui a suivi, alors qu’il était interrogé sur l’existence d’une « liste » de cibles à assassiner, Hannah s’est fait l’écho des affirmations de Hersh. Hannah a déclaré que « les troupes de terrain » ont reçu la « permission » de « capturer ou tuer certains individus » considérés comme représentant une menace. « C’est certainement vrai » dit-il.
Hannah n’a pas contesté directement l’affirmation de Hersh selon laquelle le Congrès n’était pas informé de ces assassinats. Il a déclaré « Il m’est extrêmement difficile de le croire ».
En parlant du programme d’assassinats à Keith Olbermann dans son émission sur MSNBC, l’ancien conseiller de Nixon à la maison blanche, John Dean a affirmé : « C’est potentiellement un crime de guerre, cela pourrait être tout simplement un meurtre au yeux de la loi et cela serait clairement en violation avec l’ordre exécutif du Président Ford. » – En référence au décret présidentiel de 1976 selon lequel « aucun employé du gouvernement des États-Unis ne doit manigancer ou s’impliquer dans un assassinat politique. »
Par Satyam Khanna pour Think progress le 30 mars 2009
Traduction par Temceln pour ReOpenNews
Note reOpenNews : Le journaliste Seymour Hersh avait déjà révélé les scénarii envisagés par Cheney pour déclencher une guerre contre l’Iran. L’une d’elles impliquait des victimes américaines dans le cadre d’une attaque sous fausse bannière.
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Cheney - Sacrifier soldats américains... | |
http://www.reopen911.info/News/2008/08/10/cheney-envisage-de-sacrifier-des-soldats-americains-pour-provoquer-une-guerre-contre-liran/
Cheney envisage de sacrifier des soldats américains pour provoquer une guerre contre l’Iran
Dick Cheney, photo AP 2009
Cheney étudie la possibilité d’un fratricide pour faire accepter une guerre contre l’Iran
Press TV / Dimanche 3 août 2008
L’éminent journaliste Seymour Hersh a révélé les détails d’un plan envisagé par le vice-président Dick Cheney pour provoquer une guerre contre l’Iran.
« Une dizaine d’idées ont été présentées sur la manière de déclencher une guerre [contre l’Iran] » a raconté récemment Hersh en référence au sujet de discussion d’une réunion tenue dans le bureau de Cheney.
Dans un article publié en juillet dans le New Yorker, le journaliste lauréat du prix Pulitzer avait déjà révélé des informations sur les opérations clandestines que les Etats-Unis mènent en Iran. Mais il n’avait pas divulgué le contenu des discussions avec Cheney dans cet article.
Dans un récent interview accordé à Think Progress [1], Hersh a cependant révélé que les participants à la réunion ont été témoins d’un Cheney tournant et retournant dans sa tête une proposition consistant à habiller des soldats de la Navy SEAL en iraniens et à les faire tirer de manière à déclencher une guerre contre l’Iran.
« Le plan qui m’a le plus intéressé est "pourquoi pas construire, à partir de notre flotte, quatre ou cinq bateaux qui ressemblent à des vedettes lance-torpilles iraniennes? Mettez dessus des soldats de la Navy SEAL puissamment armés. Et la prochaine fois qu’un de nos bateaux passe par le détroit d’Ormuz, ouvrez le feu" » a-t-il révélé dans son interview.
« Cela pourrait coûter quelques vies. Et la proposition a été rejetée parce qu’on ne peut pas faire tuer des américains par des américains. C’est le genre de chose, c’est le niveau de discussion dont on parle ici. De la provocation.»
Le célèbre journaliste a ajouté que la proposition n’a été rejetée qu’en toute fin de discussion.
« Attendez, on est au lycée? Ouais. Est-ce que l’on joue à des jeux de lycéens avec vous savez 5000 têtes nucléaires dans notre arsenal ? Ouais on le fait. Nous et l’Iran, on joue à ça, vous savez, à celui qui sort de la piste le premier » a-t-il continué.
S’il arrive, soutient Hersh, que Washington manigance « l’incident qu’il faut », les Américains soutiendront la guerre contre l’Iran.
Le lauréat du prix Pulitzer Seymour Myron Hersh s’est fait connaître dans le monde entier en 1969 pour avoir révélé le massacre de My Lai et la dissimulation dont cet acte a fait l’objet pendant la guerre du Vietnam.
Notes ReOpen911 :
1. Dans cette vidéo, Seymour Hersh revient sur la réunion avec Dick Cheney où ont été envisagées de fausses provocations. Il explique (comme d’ailleurs précisé dans l’excellente brève du site Solidarité et Progrès) que le New Yorker n’a pas publié la partie de son article rapportant ces discussions sous prétexte que l’option de la fausse attaque iranienne n’a finalement pas été retenue.
2. La fausse attaque iranienne envisagée par Cheney est un exemple typique d’opération sous fausse bannière. Elle rappelle l’opération Northwoods qui avait été imaginée en 1962 (à plus grande échelle encore) pour justifier l’invasion de Cuba et qui avait heureusement été rejetée par Kennedy. Elle présente également de fortes similitudes avec l’incident du Golfe du Tonkin qui avait permis aux Etats-Unis de justifier son entrée en guerre au Vietnam.
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Cheney - Que faisait Cheney ... ? | |
Les contradictions du 11-Septembre : quand Cheney est-il entré dans le bunker souterrain ?
En ce qui concerne la matinée du 11-Septembre, tout le monde est d’accord sur le fait qu’à un moment, après 9:03 (lorsque la tour sud du WTC a été frappée) et avant 10:00, le Vice-président Dick Cheney est descendu dans le PEOC (Presidential Emergency Operations Center), le centre opérationnel d’urgence de la présidence, que l’on appelle parfois le « bunker », sous l’aile est de la Maison-Blanche. Chacun s’accorde sur le fait qu’une fois là, Cheney était aux commandes _ qu’il prît des décisions ou relayât celles du président Bush. Mais il y a d’énormes divergences quant à l’heure exacte à laquelle Cheney est entré dans le PEOC.
Selon le Rapport de la Commission du 11/9, Cheney est arrivé "juste avant 10:00, peut-être à 9:58" (Rapport de la Commission /henceforth 9/11CR/, 40). Cependant, cette heure officielle contredit presque tous les rapports antérieurs, dont certains le disaient présent avant 9:20. Cette différence est importante, car si l’heure de la Commission est correcte, Cheney n’était pas aux commandes dans le bunker lorsque le Pentagone fut frappé, ou durant presque tout le temps où le vol 93 approchait Washington. Mais si les rapports qui le disaient présent avant 9:20 sont corrects, il était aux commandes dans le PEOC durant tout ce temps.
Compte-rendu de Mineta à propos de l’arrivée précoce de Cheney
La déclaration la plus fameuse contredisant la Commission du 11/9 a été faite par le secrétaire aux Transports, Norman Mineta, lors de son témoignage public devant la Commission, le 23 mai 2003. Ayant dit qu’il "était arrivé au PEOC vers 9:20", Mineta rapporta avoir alors surpris une conversation, qui avait manifestement débuté avant son arrivée, entre un homme jeune et le vice-président Cheney. Cette conversation, qui avait trait à un avion s’approchant de Washington, s’acheva lorsque Cheney confirma que "les ordres (tenaient) toujours". Quand le membre de la Commission Timothy Roemer demanda plus tard à Mineta combien de temps après son arrivée il avait surpris cette conversation à propos des "ordres qui tenaient toujours", Mineta répondit : "Probablement 5 ou 6 minutes". "Cela voudrait dire, souligna Roemer, vers 9:25 ou 9:26".
C’est une contradiction remarquable. Etant donné que Cheney, aux dires de Mineta, était en pleine conversation, il devait être au PEOC plusieurs minutes avant l’arrivée de Mineta à 9:20. Si Cheney avait été là depuis 9:15, il y aurait une différence de 43 minutes entre le témoignage de Mineta et le Rapport de la Commission du 11/9. Pourquoi une telle contradiction ? L’une des explications possibles serait que Mineta s’est trompé. Cependant, son histoire concorde avec celle de nombreux témoins.
D’autres rapports qui soutiennent l’arrivée précoce de Cheney.
Richard Clarke rapporta que lui-même, Cheney et Condoleezza Rice eurent une brève réunion après 9:03, à la suite de laquelle le Secret Service demanda à Cheney et à Rice de descendre au PEOC. Cependant, Rice partit avec Clarke au centre de vidéoconférence de la Maison-Blanche où Clarke devait préparer une vidéoconférence qui débuta à 9:10 environ. Après quelques minutes là-bas, Rice déclara, selon Clarke : "Vous allez avoir rapidement besoin de décisions. Je vais au PEOC pour être avec le vice-président. Dites-nous de quoi vous avez besoin". A 9:15 environ, Norman Mineta arriva et Clarke lui suggéra de rejoindre le vice-président. (Contre tous les ennemis, 2-5) Ainsi, Clarke laisse entendre que Cheney était au PEOC plusieurs minutes avant 9:15.
Dans une émission d’information d’ABC pour le premier anniversaire du 11/9, David Bohrer, photographe de Cheney à la Maison-Blanche, signala que, peu de temps après 9:00, des agents du Secret Service allèrent dans le bureau de Cheney et dirent : Monsieur, vous devez venir avec nous ». Au cours de cette même émission, Rice déclara : "Alors que j’étais en train de chercher tous les responsables, le Secret Service est entré et a dit : "Maintenant vous devez aller au bunker. Le vice-président y est déjà. Il est possible qu’un avion se dirige vers la Maison-Blanche". Ensuite, Charles Gibson d’ABC déclara : "Dans le bunker, le Vice-président est rejoint par Rice et le secrétaire aux Transports Norman Mineta". (11/9 : interviews par Peter Jennings, ABC News, 11 septembre 2002).
L’affirmation de la Commission du 11/9 quant à l’arrivée tardive (de Cheney).
La Commission du 11/9 est d’accord sur le fait que le vice-président fut poussé dans le bunker après réception d’une information selon laquelle un avion se dirigeait vers la Maison-Blanche. Cependant, elle déclara que cette information ne fut pas reçue avant 9:33. Mais à ce moment-là, d’après la Commission, les agents du Secret Service reçurent un autre message leur indiquant que l’avion s’était détourné; aussi, aucun geste ne fut esquissé pour évacuer le Vice-président à cet instant. Le Secret Service n’ordonna au vice-président de descendre que juste avant 9:36 (Rapport de la Commission du 11/9, 40, 39). Mais même après qu’il fut entré dans le souterrain, Cheney n’alla pas immédiatement au PEOC. En effet :
Une fois à l’intérieur, le Vice-président Cheney et les agents (du Secret Service) s’arrêtèrent dans une zone du tunnel pourvue d’un téléphone sécurisé, d’un banc et d’une télévision. Le Vice-président demanda à parler au Président, mais l’établissement de la communication prit du temps. Dans le tunnel, il apprit que le Pentagone avait été touché et vit un reportage télévisé montrant de la fumée sortant du bâtiment (Rapport de la Commission du 11/9, 40). Ensuite, "après que Lynne Cheney eut rejoint son mari dans le tunnel", déclare la Commission, Madame Cheney et le vice-président quittèrent le tunnel pour la salle de conférence de l’abri dès la fin de l’appel, ce qui n’eut lieu qu’après 9:55. Quant à Rice, ajouta la Commission, elle entra dans la salle de conférence peu de temps après le Vice-président. (Rapport de la Commission, 40).
La contradiction ne pourrait être plus claire. Selon la Commission, Cheney, loin d’entrer dans le PEOC avant 9:20, comme l’affirmaient Mineta et d’autres, n’y arriva pas avant 9:58 environ, 20 minutes après l’attaque du Pentagone qu’il avait apprise dans le couloir.
Le récit de Cheney à l’émission Meet the Press.
Le compte-rendu de la Commission du 11/9 contredit même celui qui fut livré par Cheney lors d’une fameuse interview. S’adressant à Tim Russert dans l’émission Meet the Press cinq jours seulement après le 11-Septembre, Cheney déclara : "Après avoir parlé au Président, je suis descendu au… Centre opérationnel d’urgence présidentiel… Peu de temps après y être arrivé, on nous a informés que le Pentagone avait été frappé". Par conséquent, Cheney lui-même indiqua qu’il était entré au PEOC avant l’attaque du Pentagone, et non 20 minutes après, comme le déclarerait plus tard la Commission.
A propos des contradictions.
Comment la Commission du 11/9 a-t-elle traité le fait que sa déclaration sur l’heure d’arrivée de Cheney dans le bunker a été contredite par Bohrer, Clarke, Mineta, Rice, d’autres rapports, et par Cheney lui-même ? Elle a simplement omis de mentionner ces rapports contradictoires.
La plus notable de ces omissions est l’absence de mention, de la part de la Commission, du témoignage de Norman Mineta, bien qu’il ait été livré à la Commission au cours d’une séance publique, comme on peut le voir à la lecture de la retranscription de cette séance (23 mai 2003). Cette partie du témoignage de Mineta a également été effacée de la version officielle de l’enregistrement vidéo des séances de la Commission dans les archives de la Commission du 11/9. Elle peut toutefois être visionnée sur internet.
Lors d’une interview pour Radio Canada en 2006, on demanda à Hamilton ce que Mineta avait dit à la Commission à propos de l’endroit où se trouvait Dick Cheney avant 10:00. Hamilton répondit : "Je ne m’en souviens pas". (11/9 : Vérité, Mensonges et complot, Interview, Lee Hamilton, CBS News, 21 août 2006.) Il est surprenant que Hamilton ne s’en soit pas souvenu, car c’était lui qui posait les questions lorsque Mineta raconta l’histoire d’une conversation entre un jeune homme et Cheney. En outre, Hamilton avait commencé son interrogatoire en disant à Mineta : "Vous avez été (dans le PEOC) une bonne partie de la journée. Je crois que vous y étiez avec le Vice-président". L’échange entre Mineta et Timothy Roemer, durant lequel il fut établi que Mineta était arrivé vers 9:20, suivit immédiatement l’interrogatoire d’Hamilton. Et pourtant, Hamilton, incapable de se rappeler quoi que ce soit, dit simplement : "Nous pensons que le Vice-président Cheney est entré dans le bunker un peu avant 10:00".
On efface le témoignage problématique de Mineta.
Pour connaître les possibles raisons qui ont poussé la Commission du 11/9 à vouloir effacer l’histoire de Mineta de l’enregistrement public, il convient d’examiner la conversation qu’il a rapportée devant la Commission. Il a déclaré : "Pendant que l’avion s’approchait du Pentagone, il y avait un jeune homme qui venait informer le Vice-président : "l’avion est à 50 miles (80 kilomètres)", "l’avion est à 30 miles (50 kilomètres)", et lorsqu’il eut indiqué : "l’avion est à 10 miles (15 kilomètres)", le jeune homme demanda également au vice-président : "Les ordres tiennent-ils toujours ?" Et le vice-président de tourner la tête dans tous les sens et de répondre : "Bien sûr que les ordres tiennent toujours. Avez-vous entendu dire le contraire ?"
L’histoire de Mineta a de dangereuses implications en ce qui concerne l’attaque du Pentagone, laquelle est survenue à 9:38. D’après la Commission du 11/9, "l’armée n’a pas su qu’un avion non identifié s’approchait du Pentagone avant 9:36, si bien qu’elle n’avait qu’une ou deux minute pour réagir" (Rapport de la Commission du 11/9, 34). Cette déclaration était essentielle pour expliquer pourquoi le Pentagone n’avait pas été évacué avant la frappe _ événement qui causa la mort de 125 personnes. Un porte-parole du secrétaire à la Défense Rumsfeld, lorsqu’on lui demanda pourquoi l’évacuation n’avait pas eu lieu, répondit ceci : "Le Pentagone n’était absolument pas au courant que cet appareil venait vers nous". (Newsday, 23 septembre 2001). En comparaison, le témoignage de Mineta suggérait que Cheney, parmi d’autres, savait 12 minutes avant la frappe qu’un avion s’approchait de Washington.
Encore plus problématique était la question de la nature des "ordres". Mineta déclara qu’il supposait que les ordres étaient d’abattre l’avion. Mais l’avion ne fut pas abattu. En outre, les ordres attendus, surtout un jour où deux avions détournés s’étaient déjà écrasés sur deux bâtiments à New York, eussent été d’abattre tout avion civil violant l’espace aérien au-dessus de Washington, dans lequel les vols civils sont de tout temps interdits. ("Les pilotes sont avisés des espaces aériens interdits. Les contrevenants s’exposent à une action militaire". Communiqué de presse de la FAA (Federal Aviation Agency), l’Agence Fédérale de l’Aviation, 28 septembre 2001). Si ces ordres avaient été donnés, il n’y aurait eu aucune raison de demander s’ils tenaient toujours. La question aurait eu du sens si les ordres étaient d’accomplir quelque chose d’inhabituel _ ne pas abattre l’avion. Par conséquent, il semble que Mineta ait rapporté par inadvertance la confirmation, de la part de Cheney, de l’ordre de rester au sol.
Que le compte-rendu de Mineta fut considéré comme dangereux est suggéré par le fait que la Commission du 11/9, en plus d’effacer son témoignage et de retarder de 45 minutes l’entrée de Cheney dans le bunker, a remplacé l’histoire de Mineta par une nouvelle histoire d’un avion en approche. D’après le rapport de la Commission du 11/9, voici ce qui s’est vraiment passé :
A 10:02, le personnel en charge des communications présent dans l’abri a commencé à recevoir des rapports du Secret Service au sujet d’un avion en approche… A un moment donné, entre 10:10 et 10:15, un aide de camp est venu dire au Vice-président et à d’autres personnes que l’avion était à 80 miles (129 kilomètres)… On demanda au Vice-président Cheney l’autorisation d’abattre l’avion. Le Vice-président donna son feu vert pour qu’un chasseur abatte l’avion en approche… L’aide de camp revint quelques minutes plus tard, sans doute entre 10:12 et 10:18, et déclara que l’avion était à 60 miles (97 kilomètres). Il demanda de nouveau l’autorisation de l’abattre. Le vice-président répondit une nouvelle fois par l’affirmative.
Ainsi, la Commission du 11/9 a présenté l’histoire de l’avion en approche comme s’étant achevée par un ordre, non point de rester au sol, mais de descendre l’avion. Et en faisant survenir cet ordre après 10:10, la Commission, non seulement le dissocie de la frappe contre le Pentagone, mais encore exclut la possibilité que l’autorisation de Cheney d’abattre l’avion ait pu conduire à la destruction du vol 93 (lequel s’est écrasé à 10:03, d’après la Commission).
Concernant la descente de Cheney dans le bunker, étant donné que le compte-rendu de la Commission contredit non seulement le témoignage de Mineta, mais aussi celui d’autres témoins, y compris celui de Cheney lui-même, le Congrès et la Presse doivent ouvrir des enquêtes pour déterminer ce qui s’est vraiment passé.
Par David Ray Griffin, le 24 avril 2008 pour Global Research
Traduction par Stéphane Barthe pour ReOpenNews
Note : Cet essai est une version abrégée des chapitres 2 et 3 de Les contradictions du 11-Septembre : Lettre ouverte au Congrès et à la Presse (Northampton, Olive Branch, mars 2008), de D.R. Griffin.
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Cheney - Dick Cheney comme suspect n°1 | |
http://www.voltairenet.org/11-septembre-2001-Michael-C
11 septembre 2001 : Michael C. Ruppert désigne Dick Cheney comme suspect n°1
Nous vous présentons la synthèse des éléments du dossier contre Dick Cheney, qui est désigné comme premier suspect pour les crimes du 11 septembre 2001 par Michael C. Ruppert, journaliste et écrivain membre du Collectif pour la vérité sur le 11 septembre, dans son livre « Crossing the Rubicon ».
Moyens : Dick Cheney et le Secret Service
Cheney était le Commandant en chef le 11 septembre et tirait les ficelles via le Secret Service
Mobile : Le pic de la production mondiale de pétrole
Le monde est sur le point de commencer à manquer de pétrole
Occasion : les simulations d’attaques du 11 septembre
Cheney supervisait de multiples simulations d’attaques et exercices antiterroristes qui ont paralysé la réaction de l’U.S. Air Force le 11 septembre.
Ancien enquêteur de la police de Los Angeles, Michael C. Ruppert est devenu rédacteur en chef de From the Wilderness. Son ouvrage Crossing the Rubicon constitue une somme critique, réunissant notamment l’ensemble des indices et témoignages connus à propos des attentats du 11 septembre 2001.
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lundi 4 août
Le problème c’est que quand ils vont lancer une bombe pour riposter, les médias vont en parler comme si ils en avaient lancer 1000!!